25 novembre 2013

Chaos climatique : Varsovie, une autre occasion ratée de lutter contre la crise climatique

Le manque d'ambition de la communauté internationale laisse les populations les plus pauvres seules face aux catastrophes climatiques.

Certaines populations vivent dans une situation d'urgence permanente

Malgré le passage du typhon Haiyan aux Philippines, les violentes inondations survenues au Vietnam et des nouvelles mises en garde des spécialistes du climat, les gouvernements ne se mobilisent pas efficacement contre la crise climatique, déclare CARE.

La Conférence de Varsovie sur le Changement Climatique, qui s'est achevée aujourd'hui, a été minée par un sérieux manque d'ambition de la part de la Pologne, le pays hôte. Le gouvernement polonais n'a pas voulu aborder la question de la dépendance du pays au charbon, ni celle de l'influence manifeste du lobby des industries fossiles.

« Les gouvernements quittent Varsovie alors que très peu de progrès ont été réalisés pour prévenir la crise climatique qui affecte déjà des millions de personnes parmi les plus vulnérables au monde. L'élévation du niveau de la mer et des phénomènes météorologiques toujours plus extrêmes enferment certaines populations dans une situation d'urgence permanente. C'est une grave injustice sociale à l'égard des populations les plus vulnérables qui nécessite une action urgente et immédiate des pays développés. Ils n'ont aucune excuse pour rester passifs », déclare Robert Glasser, secrétaire général de CARE International.

Le blocage de certains pays développés

Ces discussions montrent que les réticences d'un petit nombre de pays riches suffisent à ralentir l'accomplissement de progrès réels. Ces pays ne parviennent pas à comprendre la gravité de la situation à laquelle le monde fait face.

  • Certains pays développés tels que l'Australie ou le Japon, sont revenus sur leurs précédents engagements en matière de réduction des émissions ;
  • Quasiment aucun pays développé n'a apporté de garantie aux pays en développement sur la disponibilité de financements liés au changement climatique.

Cette attitude a compromis les discussions en instaurant un climat de défiance et de faibles ambitions. Certains pays développés et quelques pays en développement puissants, tels que l'Australie, l'Inde et la Chine, ont réussi à modérer les objectifs de la feuille de route pour un nouvel accord climatique d'ici 2015.

Peu d'avancées

Il y a néanmoins quelques lueurs d'espoir:

  • Les pays en développement ont fait front commun, malgré la pression exercée, pour demander un mécanisme international de compensation des pertes et dommages liés aux effets du changement climatique. Un compromis a entraîné la mise en place d'un tel mécanisme. C'est un important pas en avant mais il faut encore s'assurer que ce mécanisme devienne un outil fort et cohérent.
  • Des pays européens, tels que la Suisse, l'Allemagne et la France, ont promis des financements supplémentaires pour l'adaptation au changement climatique. Cependant, ces fonds restent dérisoires pour la mise en place d'une adaptation effective dans les pays en développement.

Il faut parvenir à un accord en 2015

« Il faut que la confiance soit rapidement rétablie entre les gouvernements et que les engagements en matière de lutte contre la crise climatique soient plus ambitieux. Il faut rapidement trouver un accord sur la réduction des émissions de gaz afin de limiter l'augmentation du réchauffement climatique à 1,5 degré », déclare Sven Harmeling, chargé de plaidoyer sur le changement climatique pour CARE.

Les coûts de l'inaction de la communauté internationale sont catastrophiques. Si les pays ne revoient pas rapidement leurs ambitions à la hausse avant le sommet de haut niveau organisé par Ban Ki-Moon l'année prochaine, et la COP20 au Pérou, les chances de parvenir à un accord climatique cohérent d'ici 2015 sont plus que minces. Un accord mondial nécessite un travail de longue haleine et une confiance restaurée entre les Parties. Officiellement désignée pays hôte des négociations internationales sur le climat en 2015 (COP21), la France a fort à faire pour convaincre les Etats de proposer des objectifs de réduction d'émissions dès 2014 et des financements à la hauteur des enjeux.

Sans plus attendre, la France doit prendre le leadership sur ces questions et inciter l'Union Européenne à se doter d'un cadre énergétique et climatique ambitieux.

Pour en savoir plus

 www.careclimatechange.org

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Laury-Anne Bellessa, bellessa@carefrance.org - 01 53 19 89 92