05 décembre 2013

Crise Syrienne. Témoignage d'un réfugié syrien bénévole en Jordanie

Le 5 décembre est la journée internationale des bénévoles. CARE a choisi de mettre avant le rôle crucial des bénévoles syriens dans le soutien aux réfugiés de Syrie en Jordanie. Découvrez le témoignage d'Hadi, jeune Syrien de 23 ans, bénévole au centre d'aide de CARE à Zarqa.

CARE / Johanna Mitscherlich

« Je connais leur douleur. Je sais ce qu'ils ressentent. »

Le centre d'aide de CARE à Zarqa se trouve à une demi-heure de route de la capitale Amman. Hadi y anime l'une des deux séances d'information quotidiennes pour discuter avec les réfugiés des droits dont ils disposent et les informer de la nature de l'aide qu'ils peuvent recevoir de CARE et d'autres organisations. Chaque jour, il écoute les histoires de ces personnes qui ont fui la Syrie.

Des histoires d'enfants qui ont été témoins malgré eux de la mort de leur père et qui sont maintenant si tristes qu'ils en perdent leurs cheveux. Des mères dont les enfants, touchés par des balles, ne peuvent plus marcher sans aide. Des pères qui ne veulent plus vivre parce qu'ils ont tout perdu et qu'ils ne peuvent plus s'occuper de leur famille.

Hadi a lui-même fui la Syrie pour la Jordanie il y a quelques mois. Il est l'un des 20 volontaires travaillant dans les centres d'aide aux réfugiés de CARE. « Je suis comme eux », dit-il.

« Je ne peux pas rester là à regarder mon peuple souffrir. Je me dois de faire tout mon possible pour qu'il reprenne espoir »

Hadi confie qu'il ne nourrit plus de grands espoirs pour son avenir. En Syrie, il avait toute la vie devant lui et était promis à un bel avenir: il venait de terminer ses études de droit et voulait commencer à travailler.

« Ma vie telle qu'elle était avant s'est figée » explique-t-il. En Jordanie, Hadi ne peut pas travailler légalement : il ne peut donc pas devenir avocat dans ce pays.

Être un réfugié ne veut pas seulement dire que l'on n'a pas les moyens d'acheter des médicaments ou de payer un loyer, cela signifie par exemple que les étudiants ne peuvent plus étudier.

Aujourd'hui, Hadi dépend de l'aide des autres. Mais ce que les bombes et les tirs ne peuvent pas lui enlever - ses connaissances, sa personnalité et sa cordialité - il le met chaque jour au service de ses compatriotes réfugiés dans les centres d'aide de CARE. La force de ce jeune homme de 23 ans est extraordinaire.

« J'aime les gens et je veux qu'ils sachent que quelqu'un se préoccupe d'eux, veut savoir comment ils se sentent et ce qu'ils pensent. Parfois, même un sourire peut faire la différence. »

« Le monde ne peut pas oublier la Syrie. Il n'a pas le droit de le faire »

Le monde ne peut pas oublier la Syrie car plus de 9,3 millions de personnes ont désespérément besoin d'aide, plus de 6,5 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays et plus de 2,2 millions de personnes l'ont fui. Mais l'autre raison pour laquelle le monde ne peut pas oublier la Syrie, ce sont les jeunes hommes comme Hadi qui, malgré leurs propres malheurs et souvenirs douloureux, se lèvent chaque matin pour aider les réfugiés à se sentir mieux.

L'ACTION DE CARE

Face à l'ampleur de la crise syrienne, CARE a mis en place une stratégie régionale de réponse pour apporter son soutien aux populations réfugiées en Syrie, Jordanie, au Liban et en Egypte.
CARE aide également les communautés hôtes qui souffrent de cette crise du fait de la pression croissante sur les services de base (services de santé, emplois, logements, etc).
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