02 janvier 2014

Près de 4 millions de personnes ont été déplacées après la destruction de leurs maisons suite au passage du typhon Haiyan. Ces personnes savaient que le typhon allait frapper la côte mais personne ne pouvait imaginer une telle force de destruction.

Notre équipe présente à Tacloban a recueilli les témoignages de familles qui vivent désormais dans des abris de fortune.

Roselyn Salazar, 29 ans :

L'ONG CARE intervient auprès des populations affectées par le typhon Haiyan
2013 / CARE

« Nous sommes restés trois semaines dans une église après le passage du tyhon Haiyan. Mon fils ainé a été blessé à la tête et il est toujours à l'hôpital. Nous avons reçu du matériel de construction de CARE et avons commencé à reconstruire notre maison. Ce n'était qu'un champ de ruine. Partout il y a encore beaucoup de corps sous les débris. Certaines personnes ne veulent plus vivre ici. Surtout que c'est la seconde catastrophe en un an qui a touché notre communauté après un terrible incendie. Nous venions tout juste de reconstruire notre maison.

Il n'y a plus rien désormais ici. Les gens vivaient de la pêche ou de la vente du poisson mais tous les bateaux ont été détruits. D'autres faisaient de la couture ou avaient de petites échoppes. Maintenant il est très dur de travailler. »

Mary Ann Lactao, 42 ans, mère de sept enfants âgés de 6 à 26 ans :

« Nous sommes restés chez nous pendant le typhon. Nous avons essayé de nous rendre dans un centre d'évacuation mais il y avait déjà trop de monde.

J'ai nagé pendant longtemps avec ma petite fille de deux mois dans les bras. C'était très dur et le bébé avalait beaucoup d'eau. Une fois elle m'a échappé des bras et ma fille de 11 ans a du plonger pour la retrouver. Malgré tout cela, il fallait éviter de paniquer pour avoir une chance de survivre. Heureusement, nous avons réussi à sortir de l'eau et à grimper sur des débris.

Après la catastrophe, nous sommes restés trois semaines dans une église avant de revenir chez nous. Nous voulons reconstruire notre maison car c'est là que nous avons toujours vécu. Avant je gagnais de l'argent en lavant du linge et mon mari était pêcheur.

Nous avons reçu du matériel et une bâche de CARE pour nous protéger de la pluie, mais nous voulons construire une maison solide avec du bon bois pour que les enfants soient à l'abri. »

Rosa Buanghug, 53 ans :

« J'ai quatre enfants. J'ai perdu une fille et deux petits-enfants dans le typhon. Ma fille de 17 ans est tombée à l'eau et a disparue. Blessée, je n'ai pas réussi à garder dans les bras l'un de mes petits-enfants.

L'ONG CARE intervient auprès des populations affectées par le typhon Haiyan
2013 / CARE

C'est tellement dur de continuer à vivre après tout ça. J'essaie de m'occuper dans la journée et je reste avec d'autres personnes pour ne pas être seule. Mais la nuit, je ne peux pas éviter de penser à ce qui s'est passé. Je ne peux pas retourner dans ce qui reste de notre maison parce que c'est là que tout s'est déroulé. Mon mari est le seul à vivre là-bas. Je préfère dormir dans le sous-sol de cet ancien entrepôt. Nous voulons construire une nouvelle maison. »

Cecelia Kate Torres, 34 ans :

L'ONG CARE intervient auprès des populations affectées par le typhon Haiyan
2013 / CARE

« Mon fils de quatre ans est mort. On a retrouvé son corps sous des décombres 20 jours après le typhon. Je ne savais pas si j'allais pouvoir me remettre de ce choc mais je dois m'y forcer pour mon autre enfant. J'espère trouver du travail rapidement pour pouvoir reconstruire notre vie. Je veux continuer de vivre ici, je ne veux pas quitter l'endroit où mon bébé est mort. » 

L'action de CARE

CARE délivre une aide d'urgence dans les îles de Leyte, Samar et Panay. CARE a distribué des matériaux (bâches, clous, marteaux, haches, pelles, scies à main et câbles) ainsi que des ustensiles de cuisine à plus de 14 000 personnes. Dans les semaines à venir, les familles recevront des plaques de tôle et des planches en bois, nécessaires à la construction d'abris de longue durée.

Les équipes d'urgence de CARE ont également distribué des colis alimentaires (riz, haricots, poisson séché, viande en conserve, huile, sucre et sel) à plus de 38 000 personnes sur les îles de Leyte, de Samar et de Panay.

CARE lance un appel au public pour récolter 20 millions de dollars pour venir en aide à 200 000 personnes dans les communautés les plus affectées. À ce jour, 13,4 millions ont été récoltés au niveau mondial. Les fonds serviront à fournir une assistance d'urgence ainsi qu'à aider les communautés à se reconstruire dans les années à venir.