07 janvier 2014

Philippines : réagir aux catastrophes naturelles ne suffit pas, les communautés doivent se préparer en amont.

Les Philippines poursuivent leur effort de reconstruction deux mois après le passage du typhon Haiyan. L'aide d'urgence ne suffit pas. Il faut aider les communautés à se préparer aux prochaines catastrophes, selon Lex Kassenberg, directeur de CARE Philippines. Cette approche n'est que peu soutenue par la communauté internationale.

L'ONG CARE a déjà aidé 88 000 personnes par des distributions de nourriture, de kits cuisine et d'abris dans trois zones : Leyte, Samar and Panay. Cette aide se poursuivra durant plusieurs années car une catastrophe de cette ampleur détruit tout : les routes, les écoles, les commerces et les habitations.

« Les communautés qui vivaient de l'agriculture sont désormais sans ressource. Il faudra plusieurs années pour que les plantations reprennent. La reconstruction des zones affectées prendra 3 à 5 ans », explique Philippe Lévêque, directeur de CARE France.

Sachant que les Philippines sont l'un des trois pays les plus exposés de la planète aux catastrophes naturelles et au réchauffement climatique, CARE travaille à la reconstruction de maisons plus solides qui pourront résister aux tempêtes tropicales. Cette approche sur le long terme implique des sessions d'informations et de formations pour les charpentiers et les membres des communautés.

« Nous ne devons pas nous contenter de réagir face à la mort, aux dégâts et à la souffrance. Il est aujourd'hui primordial d'améliorer nos méthodes de prévention. Cela exige une évolution de l'aide internationale avec le renforcement des mécanismes de financement pour une maîtrise effective des risques », déclare Lex Kassenberg, directeur de CARE Philippines.

La construction d'habitations solides, de centres d'évacuation et la mise en œuvre de campagne de sensibilisation permettent de mieux anticiper les risques pour les populations et de savoir quelles mesures adopter en cas de catastrophes. Malgré ces avantages, les financements en faveur de la prévention des risques ne représentent qu'une infime partie des budgets actuellement consacrés à l'aide d'urgence. Ces montants sont loin d'être à la hauteur des défis auxquels les pays en développement font actuellement face.

Il existe pourtant un argument de poids : 1 dollar investi dans la réduction des risques de catastrophes permet d'économiser 7 dollars pour l'aide d'urgence.

Note pour les rédactions :

Lex Kassenberg, directeur de CARE Philippines, est dans la région de Leyte jusqu'au 9 janvier 2014.

Pour tout commentaire, contactez Laury-Anne Bellessa, bellessa@carefrance.org - 01 53 19 89 92.

A propos de CARE: CARE travaille aux Philippines depuis 1949 aidant les communautés à se préparer aux catastrophes naturelles et intervenant en urgence lors de crises.

Le réseau CARE existe depuis plus de 60 ans. Notre réponse en cas d'urgence se concentre sur les populations les plus vulnérables, notamment les femmes et les filles.

En 2012, CARE était présent dans 84 pays et a aidé 83 millions de personnes dans le monde. En savoir plus sur CARE France : www.carefrance.org