15 janvier 2014

En Roumanie, plus de 20 000 jeunes filles de moins de 19 ans deviennent mères tous les ans. Pour 4000 d'entre elles, il s'agit de leur deuxième grossesse.

De nombreux centres de planning familial ferment

Ces chiffres ont été présentés début décembre 2013 par le Centre pour un journalisme indépendant (CJI), le Centre euro régional pour les initiatives publiques (ECPI) et la Société pour l'éducation contraceptive et sexuelle (SECS). Ces organismes ont souligné le caractère alarmant de ces statistiques alors que de nombreux centres de planning familiaux ferment et que les stocks de contraceptifs gratuits s'épuisent.

« En juin 2013, la Roumanie s'est engagée devant l'ONU à adopter une stratégie nationale en matière de droits sexuels et reproductifs. L'Etat devait mettre en place des cours d'éducation sexuelle obligatoire et adaptée dans les écoles roumaines. En dépit de ces engagements, le budget 2014 n'alloue aucune ressource pour le développement de programmes dans ce domaine. Nous attirons l'attention sur le besoin urgent de mettre en pratique ces actions. Tout retard dans ce domaine est une grave atteinte aux droits à la santé, à la dignité et à la non-discrimination », a déclaré Iustina Ionescu, avocate spécialisée en droits de l'homme.

Un déclin en matière de santé sexuelle et reproductive

Selon les données de l'Institut National de Statistiques et du Ministère de Travail, publiées le 20 novembre, plus de 90 000 jeunes filles de moins de 19 ans, dont 3 024 de moins de 15 ans, sont devenues mères entre 2009 et 2012. Près de 39 000 ont subi une interruption volontaire de grossesse sur la même période.

Ces chiffres révèlent une détérioration significative de la santé sexuelle et reproductive en Roumanie, par rapport aux autres pays de l'Union européenne.

« Ce qui été autrefois un risque, est devenu aujourd'hui un problème de santé publique », a averti Iustina Ionescu.

Le pays disposait jusqu'en 2008 d'une stratégie dans le domaine qui a permis d'améliorer significativement l'accès aux moyens de contraception. Aujourd'hui, tous ces progrès sont aujourd'hui menacés.

« Sans stratégie, on ne peut définir de priorités », a déclaré à son tour Ioana Avadani, directrice du CJI. « Et sans priorité, on n'alloue pas de ressources. Les choses vont empirer. Nous nous cachons derrière une fausse pudeur au lieu d'adopter les mesures nécessaires pour permettre aux jeunes de faire des choix informés. »

Il est essentiel de mettre en œuvre la Déclaration universelle des droits de l'homme. Nous devons consacrer du temps et des ressources pour sa mise en œuvre. Les doits sexuels et reproductifs sont des droits de basiques. Les jeunes doivent être informés et éduqués.