16 janvier 2014

Crise syrienne : les paroles doivent s'accompagner d'actions concrètes

À l'issue de la seconde conférence internationale des bailleurs pour la Syrie, le réseau humanitaire CARE demande aux gouvernements de rapidement concrétiser les promesses faites aujourd'hui au Koweït.

2,4 milliard de dollars a été promis sur les 6,5 demandés par les Nations Unies en décembre dernier lors de l'appel de fonds le plus important de leur histoire. Dix millions de Syriens ont aujourd'hui besoin d'une assistance humanitaire.

« Les promesses faites aujourd'hui sont importantes mais les paroles seules ne sont pas suffisantes, elles doivent être suivies par des actions concrètes. Les organisations humanitaires doivent organiser leurs réponses face aux besoins grandissants. Pour cela, les financements doivent être transparents, planifiés et flexibles », explique Gareth Richards, responsable régional de CARE pour la crise syrienne.

Il est également important que ces fonds bénéficient aux organisations non gouvernementales.

« Les ONG mettent en place de nombreux programmes en Syrie et dans les pays voisins. Or, elles n'ont accès qu'à une petite part des fonds internationaux. CARE ainsi que d'autres organisations demandent qu'au moins 25 % des financements soient directement affectés aux ONG ainsi qu'à la société civile locale », poursuit Gareth Richards.

En 2013, si l'appel des Nations Unies pour les réfugiés syriens a été financé à 71 %, certains plans de réponse des pays d'accueil tels que l'Egypte n'ont été financés qu'à 50 %. Les gouvernements hôtes ont appelé à maintes reprises la communauté internationale à mettre en place une assistance d'urgence pour faire face à cette crise de plus en plus importante. CARE souligne les efforts des pays hôtes qui accueillent 2,3 millions de Syriens car sans cette incroyable générosité, la situation humanitaire serait certainement bien pire. Nous demandons donc aux bailleurs de soutenir en priorité les pays les moins financés.

« Le conflit a des conséquences énormes sur toute la région, y compris en termes de réduction des échanges commerciaux, de revenus liés au tourisme et d'investissements étrangers. Selon le gouvernement jordanien, cette crise coûtera à la Jordanie plus de 2 milliards de dollars en 2014. Les promesses faites au Koweït sont un bon début mais la communauté internationale doit faire preuve de plus de solidarité », déclare Gareth Richards.

Les gouvernements locaux, les Nations Unies, les bailleurs et les ONG doivent renforcer leur coopération pour soutenir les millions de familles réfugiées et hôtes qui souffrent de l'augmentation du coût de la vie et de la saturation des services publics.

À propos de CARE

Fondé en 1945, le réseau CARE lutte contre la pauvreté et intervient en cas de crises. CARE est présent en Syrie, Jordanie, Egypte, Turquie et au Liban. Si nos projets s'adaptent aux spécificités locales, une coordination régionale renforce l'efficacité de notre réponse.

Dans ces différents pays, CARE informe les réfugiés sur leurs droits, distribue des biens non alimentaires (vêtements, ustensiles de cuisine, matelas) et apporte un soutien psychosocial et financier (pour l'achat de nourriture, le paiement des loyers ou l'accès à des soins de santé).

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