05 février 2014

Réfugiés syriens au Liban : "Nous ne pouvons nous offrir qu'un repas par jour."

Aamina, 8 ans, a dû fuir Alep, sa ville natale, il y a 7 mois pour rejoindre le Liban. Elle témoigne des conditions de vie de sa famille.

l'association CARE vient en aide aux réfugiés syriens au Liban
« Nous étions les derniers à quitter notre quartier. Toutes les maisons ont été bombardées, les rues étaient pleines de gravats. On aurait dit une ville fantôme. »

Aamina vit désormais dans un logement insalubre à Sabra, l'un des quartiers les plus pauvres et les plus peuplés de Beyrouth. Ce quartier a été construit il y a 60 ans pour accueillir les réfugiés palestiniens. Ces dernières années, de plus en plus de réfugiés syriens comme Aamina et sa famille se sont installés dans ce quartier, n'ayant pas les moyens de vivre ailleurs.

l'association CARE vient en aide aux réfugiés syriens au Liban
2014 / CARE

Pour dormir, Aamina partage une petite pièce avec sa grand-mère, sa mère et ses trois frères et sœurs. Sa sœur aînée de 14 ans vient d'être mariée à un homme de 25 ans.

« Nous ne pouvons manger qu'un seul repas par jour, nous n'avons rien d'autre que cette petite pièce. Je n'avais pas assez d'argent pour m'occuper de tous mes enfants. Ma fille aînée n'était qu'une enfant, elle jouait encore à la poupée », explique la mère d'Aamina.

A la nuit tombée, le père d'Aamina et ses oncles emportent des matelas et se rendent dans une petite boutique située au coin de la rue. Ils y dorment après sa fermeture. Les hommes ne peuvent pas trouver de travail. Plus de 868 000 réfugiés sont enregistrées auprès des Nations Unies au Liban, qui compte 4 millions d'habitants.

l'association CARE vient en aide aux réfugiés syriens au Liban
2014 / CARE

Huda, la grand-mère d'Aamina, a eu un AVC il y a quelques mois. Depuis, elle ne sent plus la partie gauche de son corps.

« Je suis âgée, j'ai eu une belle vie. Mais je souhaite que mes enfants puissent rentrer et vivre leur vie. Ca me fend le cœur de voir à quel point ils souffrent », témoigne Huda.

l'association CARE vient en aide aux réfugiés syriens au Liban
2014 / CARE

La famille n'a pu emporter que quelques affaires de Syrie. Leur maison, leur emploi, leur vie entière ont été détruits.

« Chaque jour, nous devons décider quel sera le repas que nous mangerons car nous ne pouvons nous en offrir plus d'un »

La famille ne s'est pas enregistrée auprès des Nations Unies.

« Nous craignons que ces listes soient renvoyées en Syrie et que nous ne puissions plus rentrer ».

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2014 / CARE

La nuit, il fait très froid. Ils n'ont pas d'électricité et n'ont ni radiateur ni réchaud. Néanmoins, CARE a équipé le logement d'un chauffe-eau.

« Nous avons toujours froid, nos fenêtres n'ont plus de vitres et la porte se ferme mal. Mais maintenant, nous avons de l'eau chaude. »

CARE a également fourni à la famille un kit d'hygiène comprenant du shampooing, du papier toilette, du savon et d'autres articles d'hygiène essentiels.

Les actions de CARE au Liban

Au Liban, CARE effectue des distributions de kits hivernaux dans les régions du Mont Liban et de Tripoli : fuel via un système de cartes bancaires, matelas isolants et couvertures, kits abris (clous, planches et des bâches) pour permettre aux réfugiés de mieux s'équiper contre le froid.

CARE Liban améliore également l'accès à l'eau et à l'assainissement de 7000 personnes au travers de réparations d'infrastructures, de distributions de matériel d'assainissement et de formations en santé et hygiène.