17 février 2014

Soudan du Sud : risque d'une grave crise alimentaire suite aux violences

La crise qui affecte le peuple sud-soudanais depuis deux mois va s'aggraver si les ONG ne parviennent pas à fournir une aide humanitaire avant la prochaine saison des pluies.

Malgré l'accord de cessez-le-feu conclu le 23 janvier dernier, les affrontements se poursuivent et il est difficile d'atteindre une grande partie des 750 000 personnes déplacées dans le pays.

CARE a pu retourner dans les régions les plus affectées par le conflit afin de fournir des services essentiels, dont de l'accès à l'eau et à l'assainissement, ainsi que des soins de santé primaire. La semaine dernière, nos équipes ont ainsi livré 1 247 kg de médicaments aux établissements de santé des États d'Unité et de Jonglei.

CARE a pu affréter un avion pour le comté de Twic East (État de Jonglei), zone où les ONG ne pouvaient pas accéder jusqu'à présent et où la population locale a augmenté de plus d'un tiers avec l'arrivée de plus de 31 000 personnes fuyant les affrontements dans d'autres parties de l'État.

l'association humanitaire CARE vient en aide aux déplacés au Soudan du Sud
2014 / CARE

« Nous avons parlé à des responsables locaux ainsi qu'à des habitants », explique Wouter Schaap, directeur adjoint de CARE au Soudan du Sud. « Nombreux sont ceux qui dorment dehors, sans abri ou protection. Le paludisme, tout comme les maladies intestinales et les infections respiratoires, font de nombreuses victimes. Les médicaments ne suffiront pas, il leur faut également des moustiquaires, de la nourriture ainsi que des semences et des outils. Ils auront aussi besoin de vaccins pour leur bétail. »

Les personnes que nous avons rencontrées affirment que la nourriture reste la priorité absolue. L'année dernière, les populations souffraient déjà d'une mauvaise récolte en raison de fortes inondations provoquées par des crues du Nil Blanc. Les marchés et les systèmes de production alimentaire déjà fragiles ont subi des interruptions majeures du fait des violences. Coupées du monde pendant deux mois, les populations ont épuisé leurs réserves de nourriture qui ont également été pillés. Elles sont aujourd'hui obligées de manger les graines réservées normalement à la semence. Leurs animaux ont été chassés ou sont faibles. Les conséquences de cette crise se feront sentir dans les mois et les années à venir.

« Les Nations Unies ont activé le plus haut niveau d'urgence pour le Soudan du Sud et ont signalé que le pays pourrait être affecté par la famine en 2015 », déclare Aimee Ansari, directrice de l'ONG CARE au Soudan du Sud.

« C'est un signal d'alarme. Si nous ne pouvons agir maintenant pour assurer une assistance humanitaire, les familles sud-soudanaises risquent de faire face à une crise alimentaire de longue durée. »

Cette crise, qui affecte aujourd'hui plus d'un million de personnes, pourrait en toucher 7 millions - soit plus de la moitié de la population du pays - au cours des cinq prochains mois.

A propos de CARE

CARE travaille dans la région de l'actuel Soudan du Sud depuis 1993. Avec la signature de l'Accord de paix global en 2005, CARE a pu intervenir dans les États de Jonglei et du Nil Supérieur pour aider les populations retournées rassemblées dans des camps. Depuis lors, CARE a élargi ses activités afin d'intégrer des programmes de développement.

CONTACT MEDIAS

Nos équipes au Soudan du Sud sont disponibles pour tout commentaire. Contactez Laury-Anne Bellessa, bellessa@carefrance.org - 01 53 19 89 92.