04 mars 2014

Appel aux dirigeants européens : il faut agir au plus vite pour éviter les effets dévastateurs du changement climatique

En vue des prochaines échéances européennes et sommets des Nations Unies sur le climat, CARE a adressé une lettre ouverte aux chefs d'Etat et de gouvernement européens, appelant à la définition d'objectifs ambitieux pour la politique énergie-climat européenne d'ici à 2030 et un engagement politique fort pour répondre au changement climatique.

En amont du sommet européen sur la politique énergie-climat européenne des 20 et 21 mars prochains, les Directeurs des membres européens du réseau CARE International invitent les chefs d'Etat et de gouvernement d'Allemagne, d'Autriche, du Danemark, de France, du Luxembourg, des Pays-Bas, de République Tchèque et du Royaume-Uni à faire preuve d'ambition et de leadership dans la lutte contre le changement climatique, une question d'ordre vital pour les populations les plus vulnérables à travers le monde.

En particulier, CARE considère que l'Europe peut et doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre d'au moins 55% d'ici 2030, au lieu des 40% suggérés par la Commission Européenne. Des mesures dans ce domaine doivent même être adoptées avant 2020 afin d'éviter les effets les plus dramatiques du changement climatique. De plus, l'Europe doit accroître son soutien aux pays en développement pour que des réductions d'émissions supplémentaires soient réalisées. Il s'agit de partager l'effort mais de manière équitable.

En l'absence de telles mesures et d'un fort leadership européen, le risque de voir les températures moyennes mondiales augmenter de plus de 2°C s'accentue fortement, ce qui n'est pas acceptable. Les derniers rapports scientifiques soulignent l'importance de rester sous la barre des +1,5°C, dans la mesure du possible.

Une augmentation de 2°C ou plus « risquerait de déclencher une réaction climatique en chaîne avec des effets dévastateurs à travers le monde mettant des vies en danger, en particulier dans les pays vulnérables », affirment les Directeurs des CARE européens. « Le changement climatique constitue le principal défi de notre époque. [...] L'absence d'actions concrètes entrainera, aussi bien pour les populations les plus pauvres du monde que pour nous tous, des risques et des conséquences bien trop importants pour être ignorés ».

Ils ajoutent que même si un objectif ambitieux de réductions des émissions est voté, il devra être accompagné d'objectifs nationaux ambitieux et contraignants en termes d'énergies renouvelables (au moins 45%) et d'amélioration en matière d'efficacité énergétique (au moins 40%) afin de permettre la nécessaire transformation de l'économie européenne sur le long terme.

Les Directeurs des CARE européens décrivent l'injustice sociale que représentent les impacts du changement climatique :

« A travers nos programmes en appui aux personnes et aux communautés les plus vulnérables, parmi lesquelles les femmes et les filles, nous constatons que les avancées en termes de développement sont peu à peu remises en question, que les efforts visant à réduire la pauvreté sont en train de s'inverser, et que le respect des droits humains est compromis dans beaucoup de pays à cause du changement climatique », et ajoutent que « bien qu'ayant faiblement contribué à la production d'émissions de gaz à effet de serre à l'origine du changement climatique, ces populations pauvres et vulnérables sont pourtant celles qui en pâtissent le plus ».

Ils encouragent les leaders européens à saisir la fenêtre d'opportunité qu'offrent les deux prochaines années, notamment lors du Sommet des Nations Unies sur le climat en septembre 2014 à New York, et de la Conférence des parties en 2015 à Paris (COP21) pour obtenir une mobilisation citoyenne et un engagement politique fort sur ces enjeux. L'inaction n'est pas une option.

Contact medias

Laury-Anne Bellessa, 01 53 19 89 92, bellessa@carefrance.org