12 mars 2014

Donner la parole aux femmes dans les Objectifs de Développement du Millénaire post-2015

A l'occasion de la réunion de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW), l'ONG CARE demande aux Etats d'inclure les femmes dans la définition et le suivi des prochains objectifs internationaux de développement.

Cette année, les discussions à la CSW vont se concentrer sur le rôle des femmes dans les prochains Objectifs du Millénaire de Développement (OMD) qui démarreront en 2015. Il est désormais urgent de donner voix au chapitre aux femmes et que les Etats reconnaissent l'égalité des genres comme un vecteur du développement.

« Qu'il s'agisse de la santé, de la sécurité alimentaire ou du changement climatique, la CSW doit impérativement garantir la participation des femmes dans la définition, la mise en œuvre et le suivi des initiatives de développement. Si des propositions ont été déjà soumises par la CSW aux Etats membres de l'ONU, il est impératif d'aboutir à un engagement fort », déclare Fanny Petitbon, chargée de plaidoyer chez CARE France, membre de la délégation présente à la CSW.

La participation des femmes dans des projets de développement a des impacts concrets. Les ONG telles que CARE ont pu le vérifier sur le terrain. Ainsi, au Pérou, CARE s'est associé avec un réseau de femmes indigènes, afin d'identifier les obstacles dans l'accès aux soins materno-infantiles d'urgence. En un an, le nombre de femmes ayant accès aux soins a augmenté de 33%. Et en quatre ans, le taux de mortalité maternelle a chuté de 49%. Au vu de ces avancées, le gouvernement a soutenu, en 2011, la mise en place de mécanismes nationaux de suivi du système sanitaire par les citoyens.

« La mortalité maternelle a diminué et les femmes indigènes ont davantage accès aux soins au Pérou. Pourquoi ? C'est simple, le gouvernement et les services de santé ont écouté et pris en compte l'avis des femmes. Ils ont donné la parole aux femmes pour mieux comprendre les obstacles et trouver des solutions», explique Ariel Frisancho, coordinateur des programmesde droits sociaux pour CARE Pérou.

Pour l'instant, les discussions initiées par le Secrétaire général des Nations Unies ou l'agence ONU Femmes se sont limitées à aborder des mécanismes de redevabilité aux niveaux régional et mondial. Comment vérifier les progrès atteints si rien n'est prévu à l'échelle locale ou nationale ?

« Notre message est clair: la redevabilité reste la pièce manquante des discussions post-OMD. Les femmes doivent participer pleinement à ce processus et être présentes à tous les niveaux de prise de décisions. Ce sera un élément-clé de réussite », commente Aisha Rahamatali, chargée de plaidoyer chez CARE International, également membre de la délégation présente à la CSW.

Note :

Composée de huit militants d'Afrique, d'Amérique Latine et d'Asie, la délégation de CARE pour la CSW partagera son expertise sur la santé maternelle, les mariages précoces, le changement climatique, les violences sexuelles liées au genre et dans les conflits. Fanny Petitbon, chargée de plaidoyer de CARE France sera à New York du 17 au 21 mars.

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