13 mars 2014

Soudan du Sud : une course contre la montre pour aider les déplacés.

4,9 millions de personnes ont aujourd'hui besoin d'une aide humanitaire au Soudan du Sud soit 40% de la population. Alain Lapierre, responsable des équipes d'urgence de CARE, s'est récemment rendu dans l'enceinte onusienne de Malakal, dans l'État du Nil Supérieur, qui accueille plus de 21 000 déplacés. Le tableau de la situation est plus qu'alarmant.

La menace de la saison des pluies

l'association CARE vient en aide aux déplacés du Soudan du Sud
2014 / CARE

Je viens de passer trois jours dans le camp de Malakal où 21 500 déplacés vivent dans des conditions d'extrême précarité notamment en termes d'accès à l'eau, d'assainissement et d'abri. Les risques d'épidémie sont d'autant plus importants que le camp est surpeuplé.

Et ce n'est qu'une question de semaines avant leur situation ne s'aggrave encore avec l'arrivée de la saison des pluies. J'en ai eu un premier aperçu à Juba, la capitale, où une tempête a entraîné de fortes pluies et détruits plus de 600 abris installés dans une enceinte des Nations Unies. Plus de 8 000 autres étaient immergés dans 30 cm d'eau. Et la pluie n'est tombée que pendant deux heures !

A Malakal, une nouvelle zone de protection des civils est en construction afin d'accueillir 25 % de la population déplacée. Mais il y a une forte probabilité qu'elle ne soit pas terminée avant la saison des pluies. Les violents affrontements ont considérablement affecté la capacité de réponse des ONG et des Nations Unies. C'est une véritable course contre la montre qui vient de débuter.

Des conditions de sécurité difficiles pour les populations et les humanitaires

l'association CARE vient en aide aux déplacés du Soudan du Sud
2014 / CARE

Paradoxalement, l'accès à l'eau est aujourd'hui un vrai défi. C'est un important point d'inquiétude pour la majorité des femmes. Certaines se sont même risquées à sortir du camp pour aller chercher de l'eau à la rivière, comme elles en avaient l'habitude. Mais beaucoup d'entre elles ne sont jamais revenues. Les problèmes de sécurité ont fait de Malakal une ville fantôme.

Dans les prochains jours, nous intensifierons nos efforts, mais les conditions de sécurité et la limite des financements sont des obstacles majeurs. Nous espérons que les groupes armés nous laissent un peu de répit et que la communauté internationale se mobilise pour que les humanitaires aient les moyens d'améliorer les conditions de vie dans les camps de déplacés.

Les équipes de CARE s'efforcent aujourd'hui d'améliorer les installations sanitaires à Malakal. Des promoteurs d'hygiène offrent des conseils sur les moyens d'éviter les maladies. Il faut également construire de nouvelles latrines car il n'y en a pas assez. Il est cependant difficile de trouver l'espace pour en construire. Comment ces familles peuvent conserver un peu d'intimité et de dignité dans ces conditions ?

Contact médias

Pour tout commentaire, contactez Laury-Anne Bellessa, bellessa@carefrance.org - 01 53 19 89 92.