28 mars 2014

ONU : Un pas de plus vers un objectif dédié à l'égalité des genres dans l'agenda de développement post-2015

CARE International a participé à la 58ème session de la Commission sur la Condition de la Femme (CSW58) qui s'est tenue du 10 au 21 mars. Nos experts d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine et d'Europe, proposent leur analyse des résultats des négociations.

Le bilan mitigé des OMD du fait des inégalités femmes-hommes

l'association humanitaire CARE France a participé à la réunion de la CSW 58
ONU Femmes

La Commission est unanime : les Etats doivent accélérer les efforts pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) d'ici 2015. Si les OMD ont contribué à réduire la pauvreté, les avancées demeurent limitées notamment en raison de « relations de pouvoir inégales entre femmes et hommes ». Celles-ci sont entretenues par des lois discriminatoires, des normes sociales et des stéréotypes basés sur le genre.

Ainsi, les OMD relatifs aux femmes et aux filles, particulièrement celui sur l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes et celui sur l'amélioration de la santé maternelle sont ceux où le moins de progrès a été constaté.

L'égalité des genres dans l'après 2015

L'enjeu de cette réunion était aussi de réfléchir à la place du genre dans l'agenda de développement pour l'après 2015, qui prendra la suite des OMD. La CSW58 appelle à l'intégration de l'égalité des genres, de l'empowerment des femmes et des droits humains des femmes et des filles dans ce nouvel agenda. Elle réclame ainsi un objectif dédié à ces enjeux mais aussi des cibles et indicateurs dans les autres objectifs, notamment ceux en lien avec l'éducation, la santé, la justice économique et l'environnement.

CARE salue la réaffirmation par les Etats-membres de précédents accords internationaux sur :

  • La promotion et la protection des droits des femmes, de leur santé sexuelle et reproductive.
  • La condamnation de toutes les formes de violences à l'encontre des femmes et des filles. La CSW58 encourage également une plus grande implication des hommes et des garçons dans la lutte contre ces violences et les causes profondes des inégalités de genre.
  • La participation continue et effective des femmes aussi bien dans les processus de prévention et de résolution des conflits que dans la reconstruction.

Cette année, la CSW58 met l'accent sur deux problématiques d'envergure :

  • La reconnaissance de l'impact grandissant du changement climatique, en particulier dans les pays en développement et sur les femmes et les filles. La CSW58 rappelle que les femmes doivent être impliquées dans la définition des politiques liées à l'environnement et à l'adaptation au changement climatique. De même, leurs besoins spécifiques doivent être pris en compte dans les réponses humanitaires aux catastrophes naturelles.
  • La nécessité d'intégrer les associations de femmes, de jeunes et les autres organisations de la société civile dans la mise en œuvre et le suivi des politiques pour réaliser les OMD ainsi que dans l'élaboration de l'agenda de développement pour l'après 2015.

Cependant, le document omet de reconnaître:

  • La nécessité de mettre en place des mécanismes de redevabilité aux niveaux local, national, régional et international et d'encourager une redevabilité des acteurs étatiques et non-étatiques.
  • Les familles dans toute leur diversité : les conclusions de la CSW58 renforcent une définition traditionnelle et restrictive, un recul important par rapport au langage adopté à la Conférence Mondiale sur les Femmes de Beijing en 1995.

Alors que le processus de négociation sur l'après 2015 se poursuit, les recommandations de la CSW58 serviront de base pour l'intégration du genre dans les objectifs de développement durable.

Contact médias

Laury-Anne Bellessa, 01 53 19 89 92, bellessa@carefrance.org