09 avril 2014

La micro-épargne, un moyen de réduire la vulnérabilité des femmes exclues de la microfinance

Depuis 22 ans, CARE répond aux besoins financiers des plus démunis par la promotion d'associations locales et indépendantes d'épargne et de crédit (AVEC), gérées par et pour les populations les plus pauvres.

2,5 milliards de personnes n'ont toujours pas accès aux services financiers formels.

Malgré la croissance massive des services financiers en faveur des plus pauvres grâce aux institutions de microfinance*, les populations qui vivent dans des zones reculées ou très pauvres n'y ont encore qu'un accès très restreint.

Plusieurs raisons expliquent cette situation : la capacité d'endettement de ces populations est fortement limitée et très saisonnière ; les coûts d'atteinte des zones rurales et la préférence de l'épargne au crédit.

« L'épargne est un outil efficace dans la lutte contre la pauvreté mais trop souvent ignoré au profit du crédit. L'épargne permet de développer des activités génératrices de revenus et de surmonter des périodes difficiles. On améliore son quotidien tout en évitant l'endettement et la décapitalisation de ses biens en cas d'urgence », explique Philippe Lévêque, directeur de CARE France.

Les associations villageoises d'épargne et de crédit, une méthodologie développée par CARE

C'est pour soutenir cette dynamique que CARE a développé, il y a plus de 20 ans, une approche alternative à la microfi­nance, fortement décentralisée, basée sur l'épargne non-institutionnalisée. En 1991, CARE Niger s'est inspiré du principe des tontines traditionnelles pour développer un modèle d'association d'accumulation d'épargne et de crédit (AVEC).

Grâce aux économies réalisés les membres des AVEC, dont 70% de femmes, peuvent développer des activités génératrices de revenus ou des projets d'intérêts communautaires tels que des banques de céréales.

Une autonomisation économique et sociale

Par leur émancipation économique, les femmes ont l'opportunité de s'affirmer au sein de leur famille et de faire valoir leurs droits au sein de leur communauté.

Mais cela prend du temps. Il est donc nécessaire de travailler sur les structures sociales et les schémas de pensée. Depuis plusieurs années, les hommes sont invités à prendre part à ce processus et à dialoguer avec leurs femmes, membres d'AVEC. Ces groupes sont également devenus des points d'entrée pour des discussions relatives à l'équité de genre tels que l'éducation, les mutilations génitales ou l'accès à la terre. Les femmes membres d'AVEC sont ainsi plus informées.

« Certaines n'hésitent plus à porter plainte pour des cas de violences domestiques. Même si, dans certains pays, les sanctions judiciaires sont encore rares, cela démontre un réel changement des mentalités chez ces femmes », conclut Philippe Lévêque.

un webdocumentaire sur les femmes et la micro épargne

TV5MONDE et CARE France présentent un webdocumentaire sur les femmes et l'épargne, comme outil de développement, réalisé par Cyril Le Tourneur et Vincent Bonnemazou.

Aujourd'hui plus 8,6 millions de personnes sont membres d'une association villageoise d'épargne et de crédit (AVEC), une méthodologie reprise depuis par de nombreuses ONG.

À travers un documentaire interactif en ligne, « Femmes Lumière » propose cinq portraits de femmes qui partagent une même volonté, sortir de la pauvreté. En Haïti, Côte d'Ivoire, Cambodge, Madagascar et Bangladesh, ces femmes expliquent leurs parcours, leurs rêves et les défis auxquels font face leurs communautés. Ces rencontres nous permettent également de comprendre le rôle de l'épargne dans la lutte contre la pauvreté.