16 avril 2014

Jordanie : la situation des réfugiés syriens se détériore selon une évaluation menée par l'ONG CARE

Alors que leur exil se prolonge, les réfugiés syriens font face à des difficultés croissantes selon les conclusions d'une évaluation menée par les équipes de CARE Jordanie. 60% des familles syriennes interrogées par CARE ont déclaré que leur situation s'était dégradée par rapport à l'année dernière. 

Alors qu'un demi-million de réfugiés vivent en dehors des camps de réfugiés, l'une de leurs principales préoccupations est de pouvoir payer les loyers qui ont augmenté de près d'un tiers depuis l'année passée.

L'association humanitaire CARE vient en aide aux réfugiés syriens en Jordanie.
2014 / CARE

La précarité des baux, l'insalubrité des logements et le surpeuplement des appartements rendent leur quotidien très précaire.

« Les réfugiés dépensent en moyenne 190 JOD (193€) pour payer leur loyer mensuel, soit l'équivalent exact de leurs revenus moyens ! », déclare Salam Kanaan, directrice de CARE Jordanie.

« Il leur manque en moyenne 107 JOD (109€) pour acheter de quoi se nourrir et payer leurs frais médicaux. Ils sont donc obligés de vendre les quelques biens qu'ils possèdent ou de s'endetter. »

En 2012, 37% des réfugiés interrogés par CARE en Jordanie étaient endettés. Aujourd'hui, ils sont 89%. Et le taux moyen d'endettement s'élève à 606 JOD (617€).

Dans de nombreux cas, les jeunes garçons sont obligés de travailler pour soutenir leurs familles.

Seuls 52% des garçons syriens réfugiés sont scolarisés (62% pour les filles).

« Si la moyenne des enfants scolarisés a augmenté (60% cette année pour 40% en 2013), des centaines de milliers d'enfants sont encore privés d'éducation. C'est leur avenir qui est sacrifié », explique Salam Kanaan.

Les traumatismes du passé, le déracinement et l'insécurité du quotidien génèrent également d'importantes souffrances psychologiques. C'est pourquoi CARE demande le renforcement du soutien psychosocial à destination des réfugiés.

L'afflux de réfugiés a également un impact sur les communautés hôtes qui pâtissent de l'augmentation du coût de la vie et de la saturation des services publics.

85% des familles jordaniennes vulnérables interrogées sont également endettées.

« La communauté internationale doit réagir. Aujourd'hui seuls 16% du 1,2 milliard de dollars demandé par l'ONU pour la Jordanie ont été engagés. C'est loin d'être assez pour éviter que des milliers de personnes ne sombrent dans l'extrême pauvreté », conclut Alexandre Morel, responsable des programmes chez CARE France.

Note : Cette évaluation a été menée auprèsde 384 familles jordaniennes et syriennes à Amman, Irbid, Mufraq et Zarqa. 17 groupes de discussions ont été menés avec 157 Jordaniens et Syriens. Les données de 1 262 familles syriennes soutenues par CARE ont également été analysées.

Contact médias

Laury-Anne Bellessa, 01 53 19 89 92, bellessa@carefrance.org