25 avril 2014

Soudan du Sud : les pluies et les violences compliquent l'aide humanitaire.

Alain Lapierre, responsable des équipes d'urgence de CARE au Soudan du Sud, témoigne de la situation des personnes déplacées à Bentiu alors que les violences se poursuivent.

La population fuit les violents combats

Le climat est très tendu à Bentiu après une semaine de violents combats. En quelques jours, le nombre de personnes ayant trouvé refuge dans l'enceinte de l'ONU est passé de 8 000 à 22 000, dont une majorité de femmes et d'enfants. Leur situation est difficile du fait de la surpopulation des lieux, de l'incertitude des combats et de la météo.

La saison des pluies vient de débuter, ce qui va encore aggraver le quotidien des déplacés. Hier, des camions d'approvisionnement se sont enlisés dans la boue. Nous craignons également l'arrivée de maladies d'origine hydrique alors que les conditions sanitaires du camp sont très précaires. Les besoins les plus urgents sont l'accès à l'eau et à des installations sanitaires. Aujourd'hui, il n'y a pas assez de latrines pour tout le monde.

Ces gens ont vécu tellement d'épreuves. Ils ont été forcés d'abandonner leurs maisons, ils ont perdu des proches. Leurs vies ont été totalement bouleversées. Je suis impressionné par la force des femmes qui assument une grande partie de ces difficultés. Pour les aider, CARE et les autres ONG intensifient leurs efforts dans le camp de l'ONU. Nos équipes vont ainsi poursuivre leur travail dans le domaine de l'assainissement et de la promotion de messages d'hygiène pour prévenir les maladies.

Des centaines de blessés traités

Si la situation humanitaire s'améliore peu à peu grâce à ces efforts, le nombre de déplacés risque d'augmenter rapidement si les combats reprennent. A Bentiu, la clinique, qui se situe en dehors de la zone de protection civile de l'ONU, a traité des centaines de patients ces derniers jours. Nos équipes apportent des repas à ceux qui sont hospitalisés, soutiennent le personnel médical et travaille de longues heures pour que le nombre de patients en attente continue de baisser. CARE travaille également à la mise en place de cliniques mobiles qui pourront notamment soigner les femmes et se concentrer sur la nutrition des enfants.

La situation alimentaire est en effet très préoccupante alors que de nombreux agriculteurs ont été forcés d'abandonner leurs terres. Ils sont aujourd'hui dans l'incapacité de planter et de récolter. 7 millions de personnes sont ainsi menacées par la faim. La situation humanitaire est très mauvaise et cela va s'empirer. La communauté internationale doit se mobiliser rapidement.

Contact médias

Laury-Anne Bellessa, 01 53 19 89 92, bellessa@carefrance.org