06 mai 2014

Kenya : éduquer les filles dans le camp de réfugiés de Dadaab

L'école primaire de Djouba à Dagahaley, l'un des cinq camps de réfugiés de la ville de Dadaab, accueille 1 050 garçons et 770 filles. Comment CARE et le PAM encouragent les parents à scolariser leurs filles ?

L'association humanitaire CARE aide les réfugiés du camp de Dadaab
2014 / CARE

Le quotidien d'une vie menée à Dadaab

Les cinq camps de réfugiés de Dadaab ont été aménagés en 1991 quand la guerre civile a éclaté en Somalie et a entraîné l'arrivée massive et soudaine de réfugiés au Kenya. À l'origine, ces camps devaient accueillir 90 000 personnes. 23 ans après, Dadaab est devenu la résidence permanente et le quotidien de 370 000 réfugiés venant de Somalie, du Soudan, d'Éthiopie et d'Ouganda. Tous les jours, des mariages sont célébrés et des enfants naissent à Dadaab.

Comment améliorer le quotidien et le futur de ces enfants ? Cela passe en premier lieu par l'éducation. Mais cela est souvent moins évident pour les petites filles. Ainsi, l'école primaire de Djouba compte environ 1 050 garçons pour 770 filles. « Les parents ne voient pas la nécessité d'envoyer leurs filles à l'école », explique Daud Abdi Shire, surveillant de cantine.

Comment inciter les parents à scolariser leurs filles ?

La solution se découvre lors de la récréation du matin. L'air bourdonne de bavardages. Garçons et filles rayonnent et rient, oubliant pour quelques instants les souffrances d'une enfance passée dans un camp de réfugiés.

Dans un coin de la cour, on voit des dizaines de fillettes faire la queue pour recevoir une tasse de porridge. Ce mélange constitué de maïs, soja, sucre, d'huile végétale et de lait écrémé en poudre, est fourni par le Programme alimentaire mondial (PAM). Cette composition, facile à préparer, assure un apport journalier de 440 calories par enfant. « Les conditions de vie à Dadaab sont difficiles, c'est pourquoi la distribution de repas incite les parents à scolariser leurs enfants. L'assiduité des filles a augmenté grâce aux repas, c'est une certitude », assure Daud.

Daud a 31 ans et vit à Dadaab depuis 1992. Il a lui-même bénéficié du système éducatif soutenu par CARE. Après avoir terminé sa scolarité secondaire, il est devenu enseignant : « Je l'ai été pendant six ans. Encore aujourd'hui, il m'arrive d'enseigner les mathématiques et les sciences. Mais j'aime vraiment travailler pour le programme alimentaire de l'école car c'est une véritable bénédiction pour les filles. »

CARE à Dadaab

CARE est présente à Dadaab depuis 1992. Nos équipes gèrent l'approvisionnement en eau et la distribution de nourritures. CARE assure la gestion de sept écoles dans le camp de Dagahaley.