21 mai 2014

Conférence des donateurs pour le Soudan du Sud : une situation dramatique pour les populations

La communauté internationale n'a pas saisi l'occasion qui aurait permis d'éviter un désastre humanitaire au Soudan du Sud. Sur les 1,27 milliard de dollars nécessaires pour répondre aux besoins immédiats des personnes affectées par le conflit actuel et la crise alimentaire menaçante, les donateurs ne se sont engagés à financer qu'à peine plus de 600 millions de dollars.

« Cette situation est cauchemardesque : nous voyons des gens au bord de la famine mais nous n'avons pas de fonds suffisants pour agir. Le monde est en train de regarder cette crise mais ne fait rien », s'alerte Aimee Ansari, directrice de CARE Soudan du Sud.

Depuis le début du conflit en décembre 2013, 1,3 million de personnes ont été obligées de fuir leur maison. 4 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire et l'ONU prévoit que la moitié de la population sera déplacée par les violences ou la faim d'ici la fin de l'année si rien n'est fait aujourd'hui.

« Nous savons par expérience que la prévention coûte moins cher qu'une réponse à une urgence. Si la famine se déclare comme l'ONU le prévoit, les fonds nécessaires pour sauver des centaines de milliers de personnes seront énormes. D'ici là, c'est le peuple sud-soudanais qui souffrira de la faim et des violences », annonce Kjell Stokvik, directeur de CARE Norvège qui représentait le réseau humanitaire CARE International lors de la conférence.

Les violents combats et le début de la saison des pluies sont des obstacles supplémentaires pour les acteurs humanitaires sur le terrain.

Certaines routes et pistes d'atterrissage sont sous l'eau, laissant des dizaines de milliers de personnes sans aucune assistance.

Une partie des fonds demandés doit aussi permettre de lutter contre l'augmentation inquiétante de viols et d'agressions sexuelles contre les femmes. 88% des filles et femmes récemment interrogées par CARE ont été victimes au moins une fois de violences.

« Les femmes et les filles sont l'objet d'attaques abjectes, jusque dans les hôpitaux et les églises où elles ont trouvé refuge avec leurs familles. Elles sont ligotées, violées et tuées. Le manque d'eau et de nourriture oblige également des femmes à se prostituer en échange de quelques vivres. Et des familles offrent leurs jeunes filles en mariage pour bénéficier des dots, réduire le nombre de bouches à nourrir ou leur offrir un statut censé les protéger des violences », témoigne Aimee Ansari.

Si la communauté internationale ne fait pas plus pour trouver une solution politique durable à la crise et soutenir les populations, la situation va continuer de se dégrader dramatiquement.

Contact média

Les équipes de CARE au Soudan du Sud sont disponibles pour tout commentaire.

Contactez Laury-Anne Bellessa, + 33 1 53 19 89 92, bellessa@carefrance.org