05 juin 2014

Liban : une aide d'urgence pour les réfugiés syriens qui arrivent dans le pays.

Plus d'un million de Syriens ont trouvé refuge au Liban. John Hoare, directeur de notre bureau de Beyrouth, nous explique comment CARE soutient les nouveaux arrivants dans le district du Chouf.

Quelles sont les conditions de vie des nouveaux réfugiés ?

La plupart des réfugiés n'ont pas pu amener avec eux les biens qu'ils possédaient en Syrie. Nous avons rencontré plusieurs familles qui n'avaient que les vêtements qu'elles portaient lors de leur fuite. En plus des traumatismes causés par la violence des combats en Syrie, ces gens vivent ainsi dans des conditions très précaires. Je me souviens d'une famille avec 6 enfants qui vivaient dans 10m2 totalement insalubres.

Les quelques économies que certaines familles ont pu emporter s'épuisent vite. Les prix sont élevés au Liban. La très grande majorité des refugiés payent un loyer, même s'ils habitent dans une tente (entre 70 et 100 euros pour une tente, jusqu'à 400 euros pour une pièce ou un garage). Beaucoup de services, tels que l'accès à l'eau portable, sont payants. Les réfugiés ont besoin d'aide pour pouvoir vivre dans des conditions décentes.

Pour les familles qui viennent d'arriver, les biens non alimentaires sont une priorité : il leur faut le minimum pour s'installer et dormir.

Quelle est l'action de CARE ?

L'ONG CARE vient en aide aux réfugiés syriens au Liban
2014 / CARE

Depuis le mois de mars, CARE soutient 150 nouvelles familles par mois dans le district de Chouf (région du Mont Liban). Nous leur apportons des matelas, des couvertures, des seaux, des ustensiles de cuisine et des kits d'hygiène contenant des produits spécifiques pour les femmes. Dans les familles où il y a des enfants de moins de deux ans, nous distribuons également des produits pour bébé.

20 à 40 familles viennent à tour de rôle à nos distributions hebdomadaires au cours desquelles elles assistent également à des séances d'informations tenues par notre partenaire l'ONG Norwegian Refugee Council. Les réfugiés peuvent poser des questions sur les services qui leurs sont accessibles, la procédure d'enregistrement auprès du HCR ou les démarches administratives essentielles comme l'enregistrement des nouveaux-nés.

Nous menons également des distributions itinérantes pour les familles qui vivent loin de notre point de distribution ou n'ont pas les moyens de se déplacer. Le HCR nous procure les kits et c'est CARE qui couvre les coûts des distributions.

Comment se passe la mise en place d'un programme de ce type ?

Nous travaillons dans le Chouf depuis octobre 2013. La collaboration avec les autorités locales, les ONG libanaises et les représentants communautaires nous ont permis d'identifier les réfugiés qui venaient d'arriver dans la région. Nos équipes leur rendent visite pour confirmer leurs dates d'arrivée et les biens qu'ils possèdent. Cette visite nous permet aussi de faire une évaluation de la situation et de la vulnérabilité des familles pour éventuellement les inclure dans nos d'autres activités.

Le manque de financements internationaux ne nous permet pas d'aider tous les nouveaux arrivants.

Aujourd'hui, seuls 17% des 1,7 milliard de dollars demandés par l'ONU pour aider le Liban ont été engagés par les Etats. Or, les besoins augmentent rapidement. 2 500 réfugiés sont enregistrés chaque jour par le HCR. Il est essentiel que nous nous mobilisions tous pour aider les victimes de ce conflit.

Quels sont les autres projets menés par CARE au Liban ?

Nous menons plusieurs actions dans la région du Mont Liban et du Nord. Nos projets les plus importants concernent la réhabilitation des infrastructures publiques d'eau et d'assainissement. Nous soutenons les municipalités qui ont vu la pression sur leurs infrastructures augmenter, et ce alors que leurs moyens financiers et techniques étaient déjà limités avant la crise. Nous intervenons également dans les logements des réfugiés et des Libanais les plus pauvres qui n'ont pas accès au minimum en termes d'eau et d'assainissement (réservoirs d'eau, toilettes, etc.). Notre objectif est de réduire les risques de maladies hydriques.

225 villages libanais ont été identifiés comme particulièrement vulnérables car 67% des Libanais les plus pauvres et 80% des réfugiés syriens y vivent. Nous collaborons avec une dizaine de ces municipalités pour aider 31 230 personnes.