16 juin 2014

Conférence de Bonn sur le climat : des signes encourageants mais insuffisants

Hier, s'est terminée la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Bonn (5-14 juin). Les experts de CARE ont suivi les débats et participé à une conférence de presse abordant les thématiques d'adaptation et de pertes et dommages liés au changement climatique. Sven Harmeling, responsable de plaidoyer sur le changement climatique pour CARE International, revient sur les principaux points de cette conférence.

Ambitions politiques :

« Si les actions envisagées par les gouvernements pour faire face à l'urgence du changement climatique restent encore très insuffisantes, les discussions de Bonn ont néanmoins permis quelques avancées sur des problématiques-clés. Les annonces des Etats-Unis, de la Chine et du Mexique, les récents accords obtenus sur le Fonds Vert et l'appel de nombreux Etats pour mettre fin aux émissions de gaz à effet de serre sont autant de signaux positifs. Mais cela ne suffit pas pour lutter contre les effets du changement climatique. Nous avons besoin d'engagements forts de la part des Etats d'ici à 2015 démontrant leur détermination à s'attaquer à l'injustice climatique qui impacte le plus ceux qui sont le moins responsables des émissions de gaz à effet de serre. Nous pourrons alors arriver à un accord international ambitieux lors de la COP 21 à Paris. »

Financements et Fonds vert :

« Les pays développés ont été appelés à contribuer financièrement au Fonds vert, lancé officiellement il y a quelques semaines. Nous souhaitons que 15 milliards de dollars soient investis dans ce fonds dans les prochaines années - et la moitié de ce montant doit soutenir les projets d'adaptation, en particulier pour les communautés les plus vulnérables. Les Etats doivent travailler ensemble pour aider les victimes du changement climatique dans les pays pauvres. A Bonn, les pays développés se sont engagés à augmenter leur soutien financier global en faveur de la lutte contre le changement climatique, au-delà même du Fonds vert. »

Sommet sur les changements climatiques en septembre 2014 :

« Il ne reste que 100 jours avant le Sommet convoqué par Ban Ki-Moon. Un leadership politique est nécessaire pour apporter une réponse à la hauteur des enjeux. Nous encourageons vivement les chefs d'Etats à participer à ce Sommet afin qu'ils puissent entendre les voix des peuples menacés par les impacts du catastrophe climatique et faire part de solides engagements notamment en matière de financement du Fonds vert et de soutien accru à l'adaptation. Le secteur des énergies renouvelables a, lui aussi, besoin d'un important soutien financier pour contribuer à une réduction des émissions de CO2. En amont du Sommet, la société civile se mobilisera à travers la People's Climate March. Ce sera l'occasion pour nous de montrer que le temps n'est plus à l'attente mais au leadership et à l'action. »

Impacts du changement climatique et adaptation :

« Les impacts du changement climatique sur notre vie de tous les jours sont de plus en plus visibles. CARE travaille sur le terrain en aidant les communautés vulnérables à s'adapter et à se protéger face aux dérèglements climatiques. Si des discussions concrètes ont eu lieu sur le nouveau mécanisme sur les pertes et dommages liés au changement climatique et la nécessité de promouvoir des plans nationaux d'adaptation, il reste encore du travail. De nombreux pays vulnérables ont ainsi demandé qu'une place plus importante soit accordée aux mesures d'adaptation dans le prochain accord de 2015.

Les négociateurs se sont mis d'accord pour prendre des mesures concrètes de promotion des pratiques d'adaptation dans l'agriculture, qui bénéficieront aux petits agriculteurs. Cependant, les actions menées jusqu'à présent par la communauté internationale pour aider les populations vulnérables à faire face aux impacts du changement climatique restent bien en-deçà de qui est nécessaire. »

Robert Glasser, Secrétaire général de CARE International, a déclaré :

Défi du changement climatique :

« Le changement climatique est l'un des plus grands défis de notre époque. Les gouvernements doivent agir de manière urgente pour limiter le réchauffement climatique et aider les citoyens à faire face à ses impacts. Les conséquences de notre inaction sont trop importantes pour être ignorées. C'est littéralement une question de vie ou de mort à un niveau jamais égalé. L'échec n'est pas une option. »

Contact médias

Laury-Anne Bellessa, 01 53 19 89 92, bellessa@carefrance.org