16 juillet 2014

Gaza : les équipes de CARE témoignent de l'escalade de violence.

Saaed Rafiq Al Madhoun, 31 ans, est chargé des programmes de développement économique de CARE à Gaza et en Cisjordanie. Il vit à Gaza depuis 1998 et témoigne aujourd'hui de l'impact de l'escalade de la violence sur les populations.

Comment les populations civiles vivent ces bombardements ?

Les frappes ont débuté le 6 juillet vers 23h30. Ma femme et mes enfants dormaient lorsque l'électricité a été coupée. Soudainement, c'est comme si un tremblement de terre frappait notre quartier. Les explosions successives faisaient trembler les maisons.

L'ONG CARE vient en aide aux populations de GAZA
2014 / CARE

Ce fut une nuit de chaos. Ma famille s'est réveillée effrayée. Tout le monde était totalement paniqué. Il y avait une fumée noire dans le ciel.

Cette semaine de bombardement a réveillé nos souvenirs des précédentes opérations militaires. Nous avons du mal à dormir la nuit. Nous sommes souvent réveillés par le bruit sourd des bombes. Mon fils de trois ans vient nous chercher dès qu'il entend un avion ou une bombe. Il me répète : « J'ai peur » et se bouche les oreilles quand il y a des explosions ou quand la maison se met à trembler.

Nous avons décidé de rester chez nous parce qu'il n'y a aucun endroit sûr à Gaza.

Nous avons vu à la télévision ces images terribles des destructions d'habitations. Les coupures d'électricité nous isolent totalement. Je n'arrive pas à recharger mon téléphone portable pour prendre des nouvelles de ma famille, de mes amis, de mes collègues. Les pompes à eau fonctionnent elles aussi avec de l'électricité. Des dommages ont aussi été causés aux infrastructures hydrauliques. Il est donc difficile d'avoir de l'eau. 

Quelles sont les besoins humanitaires les plus urgents ?

La situation est terrible pour les populations civiles de Gaza. Nous souffrions déjà de la situation économique, des coupures régulières d'électricité, de la fermeture des postes frontières et du blocus. Avant même les bombardements, 70 % de la population dépendait des distributions d'aide humanitaire pour sa survie.

Outre le nombre dramatique de tués, ces dernières attaques ont encore aggravé la situation humanitaire.

La priorité pour les organisations humanitaires comme CARE est d'apporter une aide médicale (soins et fournitures médicales).

Les enfants ont aussi besoin d'un soutien psychosocial car ils sont traumatisés par ces violences.

CARE appelle à un cessez-le feu permanent afin de protéger les civils palestiniens et israéliens et à éviter une détérioration de la situation humanitaire.

CARE International est présent en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés (TPO) depuis 1948. CARE Gaza/Cisjordanie aide les populations à satisfaire leurs besoins alimentaires de base.

Contact médias

Nos équipes à Gaza sont disponibles pour témoigner de l'aggravation de la situation humanitaire.

Laury-Anne Bellessa, 01 53 19 89 92, bellessa@carefrance.org