21 juillet 2014

Sommet de la Fille : lutter contre les causes profondes des mariages forcés

La mise en place de politiques contre les mariages forcés et l'accès à l'éducation sont des actions essentielles mais insuffisantes pour mettre fin à cette pratique. Alors que le Sommet international de la Fille débute demain à Londres, le réseau humanitaire CARE demande aux gouvernements et bailleurs de lutter contre les causes profondes des mariages forcés.

Chaque jour, près de 39 000 filles sont mariées, soit environ une fille toutes les deux secondes.

Un nombre stupéfiant et totalement inacceptable. Les mariages forcés privent les filles et les garçons de leur enfance, et ébranlent les efforts des gouvernements en termes de santé, d'éducation et de développement. 

« Plusieurs normes sociales entretiennent la pratique des mariages précoces, telles que le manque de reconnaissance sociale des filles, la pauvreté des familles et le manque d'alternatives économiques pour les filles, la volonté de protéger l'honneur familial en mariant des filles vierges ou le moindre coût des dots pour les filles très jeunes », explique Philippe Lévêque, directeur de CARE France.

A Londres, CARE demandera la mise en place de stratégies nationales de réduction des mariages forcés dont les gouvernements seront responsables et redevables.

Mais pour obtenir des changements profonds et durables, il est absolument nécessaire de travailler aussi avec les communautés afin de changer les normes sociales qui encouragent les mariages forcés.

« Ne pas impliquer les communautés vouera à l'échec la mise en œuvre de politiques nationales », explique Doris Bartel, chargée de programmes chez CARE, qui participera au Sommet de Londres.

Dans l'ensemble de ses programmes, CARE soutient l'ensemble des acteurs des communautés - parents, beaux-parents, hommes, femmes, chefs religieux, chefs d'entreprises - à développer leurs propres solutions et alternatives au mariage forcé. Cela comprend notamment le développement d'opportunités économiques pour les jeunes filles et l'accès à l'éducation secondaire ainsi qu'à des services de santé reproductive. 

Au Népal, l'implication de médias, de chefs religieux et de représentants de loi aux côtés des équipes de CARE a contribué à faire évoluer les mentalités. Le mariage de 220 filles a ainsi pu être retardé et leurs parents ont garantie qu'elles pourront terminer leurs études secondaires. Les traiteurs se sont également engagés à refuser de s'occuper des mariages d'enfants.

Un autre point sur lequel CARE insistera lors de la réunion de demain est l'aide à apporter aux filles déjà mariées, souvent invisibles au sein de leur communauté.

Ainsi en Éthiopie, CARE est venue en aide à des filles mariées en améliorant l'accès à l'éducation et à la santé. Cela a permis de faire évoluer les comportements à leur égard et a encouragé les communautés à empêcher près de 180 mariages d'enfants.

Contact médias

CARE, qui a signé la charte du Sommet de la Fille, sera présente lors de ce rendez-vous international. Lors du Sommet, CARE présentera également un aspect souvent ignoré : les mariages forcés de jeunes garçons.

Nos experts sont disponibles pour répondre à vos questions. Contactez Laury-Anne Bellessa, 01 53 19 89 92, bellessa@carefrance.org