01 août 2014

Cameroun : accès à l'eau et soutien psychosocial pour les réfugiés de RCA

La flambée de violences en République centrafricaine (RCA) a forcé des centaines de milliers de Centrafricains à fuir leur pays. Plus de 100 000 d'entre eux ont trouvé refuge au Cameroun. CARE leur fournit un accès à l'eau et à l'assainissement ainsi qu'un soutien psychosocial. Camille Bargain, chargée des urgences pour CARE France, témoigne de cette situation.

L'ONG humanitaire CARE vient en aide aux réfugiés centrafricains au Cameroun
2014 / CARE

Quelle est l'ampleur de l'urgence humanitaire ?

Aujourd'hui, près de 120 000 Centrafricains ont trouvé refuge au Cameroun.

Environ 15 000 réfugiés arrivent chaque mois. Ce sont des chiffres très importants et révélateurs de l'instabilité en RCA. Cela montre aussi l'ampleur du dispositif d'urgence à mettre en place afin d'aider ces populations.

 15 000 réfugiés, c'est l'équivalent du nombre d'habitants d'une ville de province camerounaise. La situation humanitaire des réfugiés est aujourd'hui dramatique. Chaque mois, les besoins deviennent de plus en plus importants dans l'indifférence générale. Nos équipes sont très inquiètes car le manque de financements limite nos capacités d'intervention. C'est pourquoi il est primordial que la communauté internationale et le public se mobilisent rapidement.

Quelle est aujourd'hui la situation des réfugiés centrafricains au Cameroun ?

La plupart des réfugiés ont tout perdu lors de leur fuite. Ils ont besoin d'une aide de première urgence. Ces familles n'ont souvent pas accès à de l'eau potable. Beaucoup n'ont pas de nourriture. Dans les différents camps, plusieurs enfants sont déjà morts de malnutrition. C'est dramatique pour les parents de voir leurs enfants mourir de faim sans avoir les moyens de les sauver.

CARE a été la première ONG à intervenir auprès des 1 6000 réfugiés du camp informel de Kette. Nos équipes ont distribué de la nourriture (riz, haricot, sucre, huile végétale, sel), du savon, des seaux, des bouilloires et des matelas.

Les réfugiés ont aussi besoin d'abris et de soins médicaux. Aujourd'hui, beaucoup dorment encore à même le sol et n'ont pas accès à des latrines. La précarité de leur installation rend les réfugiés très vulnérables aux maladies.

C'est pourquoi, CARE mène des actions d'accès à l'eau et à l'assainissement dans le camp de réfugiés de Timangolo qui accueille 4 500 réfugiés mais qui s'étendra à 10 000 réfugiés d'ici fin août.

Nous réparons des puits, construisons des forages, des latrines et des douches. Nous rappelons également aux enfants les règles d'hygiène de base - comme se laver les mains - et aux femmes, l'importance d'utiliser de l'eau propre pour la cuisine.

Comment les réfugiés supportent-ils cette situation ?

Les réfugiés sont traumatisés par les violences dont ils ont été témoins et les conditions de cet exil forcé. Ils s'inquiètent également pour les membres de leur famille restés en RCA ou perdus durant les mois de marche. Beaucoup de réfugiés ont des difficultés à s'endormir, sont réveillés par de violents cauchemars et ont perdu espoir en l'avenir.

La situation est particulièrement difficile pour les enfants qui ont souvent été séparés de membres de leur famille. Nos équipes ont rencontré de jeunes orphelins qui refusaient de s'alimenter et ne cessaient de réclamer leurs parents.

Les hommes vivent très mal le fait de ne plus être en mesure de subvenir aux besoins de leur famille. L'inactivité forcée et la perte de leur cheptel sont à l'origine de dépressions sévères. Les femmes se chargent des tâches quotidiennes (lessive, cuisine, soins des enfants) mais souffrent également d'importants traumatismes. Une des femmes nous a raconté avoir perdu ses 7 enfants lors de sa fuite. Certaines d'entre elles ont vu leur mari ou leurs enfants se faire tuer. Elles s'isolent et pleurent.

Ces gens ont vécu des expériences traumatisantes et il est urgent de les aider pour qu'ils puissent retrouver un semblant de stabilité malgré la précarité de leurs conditions de vie.

Grâce à un financement du HCR, CARE a mis en place des programmes de soutien psychosocial dans les camps de réfugiés de Lolo, Mbile et Timangolo, qui accueillent aujourd'hui 23 500 réfugiés environ.

Contact medias :

Laury-Anne Bellessa, bellessa@carefrance.org,+ 33 (0) 1 53 19 89 92