01 août 2014

Interview du directeur de CARE Gaza : "La situation humanitaire s'aggrave de jour en jour."

Rene Celaya, directeur de l'ONG CARE à Gaza, assure la supervision de nos équipes à Gaza. Chaque jour, il communique avec elles et notre organisation partenaire.

Quel type d'aide CARE et son partenaire, Palestinian Medical Relief Society (PMRS), apportent-ils à la population civile de Gaza ?

Nos collègues de PMRS se rendent en voiture ou à pied dans les lieux qu'ils peuvent atteindre. Ils assurent des soins de première urgence et tout le soutien médical qu'il est possible d'apporter rapidement et avec peu de matériel. Ils ont récemment traité plus de 200 personnes dans le quartier d'al-Shijaeya et à l'école Alfalah, qui abrite des personnes déplacées. Ce lieu est géré par les Nations Unies (UNRWA). Ils ont notamment fourni des soins prénatals de base et une chaise roulante à une fillette de 8 ans.

L'ONG humanitaire CARE vient en aide aux populations de Gaza
Les équipes du partenaire local de CARE apportent des soins de première urgence. © 2014 Alison Baskerville/CARE

Ils ont aussi traité beaucoup de cas de diarrhées et de maladies de la peau, provoqués par les mauvaises conditions d'hygiène dans ce bâtiment surpeuplé.

Dès que la situation sécuritaire le permettra, PMRS et CARE prévoient de traiter une centaine de patients par jour. Nos équipes se préparent également à distribuer des kits d'hygiène à 13 000 personnes. Ces kits contiendront des produits essentiels tels que des couches pour bébé, des serviettes hygiéniques, des lingettes désinfectantes et du savon.

Sur le long terme, CARE aidera 1 800 petits agriculteurs à restaurer leurs moyens de subsistance. Actuellement, la plupart de ces petits exploitants ne peuvent pas accéder à leurs terrains. Et pour ceux qui sont accessibles, le défi consiste à retirer les débris, dont parfois des munitions non explosées.

Comment les équipes médicales font-elles face à cette situation ? Sont-elles en mesure de s'occuper des nombreux blessés ?

Tous les services médicaux de Gaza sont actuellement débordés et n'ont aujourd'hui plus les moyens de traiter le nombre sans cesse croissant de blessés.

La destruction de la principale centrale électrique de Gaza, et le manque d'électricité et d'eau qui en résulte, est un challenge de plus.

Quelles sont les conditions de vie de l'équipe CARE bloquée à Gaza ?

Certains d'entre eux ont perdu leur maison, leurs voisins, leurs amis ou des membres de leur famille. Aucun endroit n'est sûr à Gaza.

Quels sont les sentiments des équipes situées à Jérusalem et en Cisjordanie ?

Nous sommes préoccupés par le bien-être de nos collègues et de leur famille. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour aider la population de Gaza, mais la situation sécuritaire est très difficile.

La communication est un problème car le réseau de téléphonie mobile n'est pas fiable et les batteries des téléphones portables ne peuvent pas être rechargées sans électricité.

Quelles sont vos principales inquiétudes pour les habitants de Gaza ?

La sécurité. Un cessez-le-feu durable doit être conclu dès maintenant.

L'ONG humanitaire CARE vient en aide aux populations de Gaza
© 2014 Alison Baskerville/CARE

Tout le monde craint pour sa vie. Ce conflit est beaucoup plus grave que la dernière escalade de violence en 2012.

Les actions de réponse à l'urgence vont être compliquées par la destruction de la principale centrale électrique de Gaza. Aujourd'hui, beaucoup de personnes se servent de pompes à eau électriques, dont certains hôpitaux. Pour ceux qui ont des générateurs de secours, il est difficile d'acheter du combustible. En fait, tout est rare maintenant.

La destruction des infrastructures va prolonger cette crise humanitaire.

Il faudra plusieurs mois, voire un an, pour reconstruire la centrale électrique. Nous sommes aussi très préoccupés par les dommages subis par les infrastructures hydrauliques, car cela peut présenter de graves risques pour la santé de la population. Dans les conditions actuelles, les maladies risquent de se propager.

La terrible destruction des infrastructures entraînera de nouveaux besoins humanitaires.

La reconstruction des habitations prendra aussi beaucoup de temps. Il va falloir fournir des abris, de la nourriture, de l'eau et des soins de santé. Pour cela, CARE travaillera avec les Nations Unies et d'autres organisations humanitaires. Les dons du public sont également essentiels.

Contact médias

Nos équipes basées à Gaza et à Jérusalem sont disponibles pour témoigner de l'aggravation de la situation humanitaire.

Contactez Laury-Anne Bellessa, 01 53 19 89 92, bellessa@carefrance.org