05 août 2014

Gaza, 5 août 2014 : Haifa Abu Amro, de CARE Gaza, revient sur les violences à Gaza et sur ce qu'ont vécu les populations sur place.

© Alison Baskerville / CARE

« Nous étions encore dans notre maison lorsque le bâtiment d'à côté a été touché par un missile, les premiers jours de l'attaque. Les fenêtres ne sont brisées, tout s'est écroulé autour de nous, les enfants ont crié, mais par chance, personne n'a été blessé. Lorsque nous sommes sortis dans la rue, il y avait des morceaux de verre et des débris partout sur le sol. L'air n'était qu'un nuage de poussière et une odeur de brûlé se dégageait en raison des incendies. Nous avons vu des gens courir partout.
Le silence régnait, personne ne faisait de bruit, ne criait. Les gens ne faisaient que courir, la plupart encore en pyjama. La seule chose que nous pouvions entendre était le bruit des bâtiments en train de s'effondrer
J'ai pensé que c'était la fin.
Nous avons couru aussi vite que possible pour trouver refuge dans la maison de membres de notre famille. Puis, dans la matinée, nous avons rejoint la maison de mes parents, mais cette zone a été également touchée par des attaques trois jours plus tard.
A présent, nous sommes seize personnes à vivre dans le bureau de CARE. »

« Dans l'une des maisons où nous sommes allés, il y avait entre 50 et 60 personnes dans chaque pièce »

« Nos voisins nous ont dit que la nuit où nous avons fui notre maison était l'une des plus calmes et que les suivantes ont été encore pires.
Nous nous sommes portés volontaires pour distribuer des kits d'hygiène et de la nourriture en conserve. Tout le monde travaille ensemble afin de distribuer l'aide au plus vite.
Dans l'une des maisons où nous sommes allés, il y avait entre 50 et 60 personnes dans chaque pièce. Ils n'avaient pas de nourriture, rien pour s'assoir ou pour dormir. Les gens pénètrent dans les immeubles de bureau afin de trouver un endroit pour dormir. La plupart d'entre eux, quand ils reviendront chez eux, ne retrouveront rien si ce n'est une maison détruite.
Les gens se tiennent informés grâce à la radio et par SMS. Nous rechargeons nos téléphones portables sur les batteries de voitures. Nous sommes au courant du cessez-le-feu de 72 heures mais les gens restent pessimistes. Même si les attaques cessent, la catastrophe est là. »

CARE à Gaza

CARE et son partenaire Palestinian Medical Relief Society (PMRS) assurent des soins médicaux de première urgence et portent une attention particulière aux besoins médicaux des femmes, en dispensant notamment des soins pré et post-natals de base. Un soutien psychosocial est également apporté pour aider les familles traumatisées.