12 août 2014

Liban : « Réfugié deux fois », témoignage d'un réfugié syro-palestinien

« Je suis né réfugié. Il y a un an et demi, je suis devenu réfugié pour la deuxième fois. » Ali Sandeed est syro-palestinien. Sa famille a fui la guerre en Syrie pour trouver refuge au Liban. Il travaille aujourd'hui avec CARE pour soutenir les réfugiés de Syrie.

Ali Sandeed est syro-palestinien. Sa famille a fui la guerre en Syrie pour trouver refuge au Liban. Il travaille aujourd'hui avec CARE pour soutenir les réfugiés de Syrie.
© Johanna Mitscherlich / CARE

Le camp de Al Yarmouk assiégé

Je suis Palestinien-Syrien. Un réfugié à vie. Je n'ai jamais eu de passeport syrien, uniquement des papiers d'identité indiquant que je suis d'origine palestinienne. Ma grand-mère a fui la Palestine en 1948. Elle a toujours espéré que ses enfants et ses petits-enfants ne connaissent pas le même destin.

Nous vivions à Al Yarmouk, lieu de résidence de plus d'un million de Syriens et de réfugiés palestiniens. Après le début de la crise syrienne en mars 2011, ce « camp de réfugiés » est devenu un abri pour des milliers de familles qui avaient fui les villages alentours.

Depuis le début de l'année 2013, Al Yarmouk est assiégé : plus de 2 200 Palestiniens sont décédés.

Certains sont morts de faim ou faute de soins médicaux.

Je ressens la souffrance des réfugiés, des Syriens, des Palestiniens, des Syro-Palestiniens. Je ressens leur détresse, leurs espoirs et rêves anéantis. Ma douleur n'est plus qu'une goutte d'eau dans l'océan. J'ai parfois l'impression d'être moi-même l'océan qui regroupe la souffrance de chaque réfugié de ce monde difficile.

CARE et son partenaire DPNA mènent des activités de sensibilisation à l'hygiène

Ce qui me permet de continuer, c'est la volonté de soutenir mes compatriotes syriens et syro-palestiniens au Liban. J'ai d'abord été volontaire pour DPNA, une organisation libanaise partenaire de CARE. Aujourd'hui, je mène un projet pour former d'autres volontaires qui participeront à des activités de sensibilisation à l'hygiène.

Au Liban, les réfugiés de Syrie ont besoin d'une aide humanitaire et d'être informés sur leurs droits et les services sociaux, juridiques et médicaux accessibles.

Ils ont besoin de nourriture, d'un abri sûr et d'écoles pour leurs enfants.

Les réfugiés avec lesquels je travaille étaient ingénieurs, comme moi, ou médecins, enseignants, agriculteurs. Nous avions une vie normale, comme celle de mes proches installés en Europe, aux États-Unis et en Australie.

Aujourd'hui suis-je plus Palestinien ou Syrien ? Je sais que je serai toujours un peu des deux et je n'arrêterai pas de travailler pour soutenir mes camarades syriens et syro-palestiniens