20 août 2014

Il faut augmenter les fonds humanitaires pour le Soudan du Sud

Trois mois après la conférence internationale des bailleurs de fonds pour le Soudan du Sud à Oslo, l'organisation d'aide humanitaire CARE est très préoccupée par le niveau extrêmement faible des financements de l'aide pour le Soudan du Sud, pays dans lequel se développe l'une des crises humanitaires les plus graves au monde.

Trois mois après la conférence des donateurs à Oslo, CARE demande aux gouvernements d'augmenter les fonds
© Josh Estey / CARE

Seuls 50% de l'appel lancé par l'ONU en mai dernier a été financé

Depuis le début du conflit en décembre 2013, près 1,5 million de personnes ont été déplacées et 400 000 d'entre elles ont fui vers les pays voisins. Environ 3,5 millions de personnes sont affectées par cette crise ou par l'insécurité alimentaire. Près de 235 000 enfants souffrant de malnutrition aigüe devront être soignés cette année. Selon les estimations de l'ONU, 50 000 enfants de moins de 5 ans gravement malnutris pourraient mourir si des services de traitement ne sont pas immédiatement mis en œuvre à grande échelle.

« Le Soudan du Sud fait face à l'une des crises les plus désespérées du monde », explique Caroline Saint-Mleux, coordinatrice régionale des urgences pour CARE International en Afrique de l'Est et en Afrique Centrale. « L'appel de l'ONU de 1,8 milliard de dollars lancé en mai dernier pour soutenir les actions humanitaires n'a été financé qu'à moins de 50 %. Cela doit absolument changer. »

Selon les données du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), un certain nombre de bailleurs de fonds, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, la Norvège et la Commission européenne, se sont engagés à appuyer la lutte contre la crise au Soudan du Sud lors de la conférence qui s'est tenue à Oslo. Ces promesses n'ont néanmoins pas encore été totalement honorées.

Les organisations humanitaires ont besoin de financements pour aider les populations

En raison des coûts et de la difficulté à atteindre les populations au Soudan du Sud, les fonds disponibles ont majoritairement été alloués aux sites de protection des civils de l'ONU (PoC), qui n'accueillent que 10% des déplacés internes au Soudan du Sud. Afin de s'assurer que l'ensemble des déplacés sud-soudanais aient accès à cette aide, CARE appelle au renforcement du soutien apporté aux organisations d'aide humanitaire qui travaillent également en dehors des sites de protection des civils.

De plus, les chiffres de l'ONU suggèrent que les fonds pour répondre et prévenir les violences sexuelles et basées sur le genre - problème mis en avant dans le récent rapport de CARE, La fille n'a aucun droit : Violences basées sur le genre au Soudan du Sud- n'ont été financés qu'à hauteur de 55 % par rapport aux besoins.

« En coopération avec d'autres organisations d'aide humanitaire, les équipes de CARE font ce qu'elles peuvent pour apporter une aide d'urgence aussi rapidement que possible aux personnes qui en ont le plus besoin. Elles font cependant face à des difficultés de taille et ne peuvent jusqu'à présent que redoubler d'efforts », poursuit Caroline Saint-Mleux.

Avec la menace d'une famine et des conditions qui continuent de se dégrader rapidement, la communauté internationale doit agir maintenant pour remédier à l'important manque de financement pour les actions humanitaires au Soudan du Sud. Ne pas s'engager à résoudre la crise dans le pays mettrait plusieurs milliers de vies en danger. 

L'action de CARE au Soudan du Sud

Depuis le début du conflit en décembre 2013, CARE a apporté une aide essentielle à plus de 190 000 personnes dans les trois Etats les plus affectés du pays : Jonglei, Unité et Nil Supérieur.

CARE fournit de l'eau, des services d'assainissement et d'hygiène et une éducation dans les situations d'urgence, en plus d'apporter une aide en termes de nutrition et de moyens de subsistance. CARE soutient également plus de 40 centres de santé.

contact média

Laury-Anne Bellessa - bellessa@carefrance.org - 01 53 19 89 92