03 septembre 2014

Kenya : l'éducation des enfants handicapés du camp de réfugiés de Dadaab.

Les enfants vivant dans les camps de réfugiés de Dadaab ont subi les pires épreuves de la vie : l'exil, la pauvreté, la faim. Et leur avenir reste sombre. Cela est encore plus difficile pour les enfants souffrant d'un handicap. L'ONG CARE a créé des classes spéciales pour ces enfants.

L'ONG humanitaire CARE vient en aide aux populations réfugiés à Dadaab, Kenya.
2014 / CARE

Les enfants handicapés sont cachés par leur famille.

A Dagahaley, l'un des cinq camps de Dadaab, 494 garçons et filles souffrant d'un handicap sont scolarisés dans les sept écoles gérées par CARE. La plupart assistent aux cours ordinaires, mais pour ceux nécessitant un encadrement particulier, CARE a créé des classes spéciales dans deux écoles.

« La plupart de ces enfants sont cachés par leur famille. Nous devons faire du porte-à-porte afin d'encourager les parents à envoyer leurs enfants à l'école. Parfois, nous y parvenons, mais il arrive certains enfants ne viennent que quelques jours avant de disparaître à nouveau. », explique Samuel Odawo, qui enseigne dans une école gérée par CARE depuis l'été 2013.

Samuel, déficient visuel depuis sa naissance, est l'exemple même que ce handicap n'a rien de honteux et qu'il existe des moyens pour se déplacer même dans un environnement difficile comme un camp de réfugiés.

L'ONG humanitaire CARE vient en aide aux populations réfugiés à Dadaab, Kenya.
2014 / CARE

Originaire du Kenya, Samuel a été à l'école dans son village.

« Je veux que les enfants aient la même chance que moi », explique Samuel. « Même si j'ai eu un peu de mal à expliquer à ma fiancée la raison pour laquelle je voulais m'installer dans un camp de réfugiés à des centaines de kilomètres de chez nous », poursuit-il en souriant.

« J'aime l'école », raconte Ismail Omar, 11 ans.

A l'école de Djouba, Ismail Omar, 11 ans, se déplace en fauteuil roulant pour assister aux cours. Originaire de Somalie, Ismail vit à Dadaab depuis 2006. Pour arriver dans le camp, sa famille a dû marcher durant dix jours après que leur voiture soit tombée en panne. Paralysé petit enfant parce que sa famille n'avait pas les moyens de le vacciner contre la polio, c'est un membre de sa famille qui a porté Ismail sur ses épaules.

L'ONG humanitaire CARE vient en aide aux populations réfugiés à Dadaab, Kenya.
2014 / CARE

Aujourd'hui, Ismail arbore un large sourire.

« J'aime l'école », dit-il. « Mes matières préférées sont l'anglais et les mathématiques. »

Ce qu'il n'apprécie pas, en revanche, c'est de le trajet quotidien jusqu'à l'école. Sur le chemin, d'autres jeunes se moquent régulièrement de lui alors que sa sœur de 15 ans pousse son fauteuil.

« Parfois, les autres enfants me jettent des pierres. »

A l'école, son meilleur ami est là pour l'aider à se déplacer et à franchir le seuil de la salle de classe. Ismail ne s'arrête pas à ces obstacles. Il pense déjà à son avenir. Que veut-il faire quand il sera grand ?

« Je veux travailler dans un grand bureau », répond-t-il avec un large sourire.