05 septembre 2014

Soudan du Sud : CARE sensibilise les déplacés aux dangers d'une eau insalubre

1,5 million de Sud-Soudanais ont été forcés de quitter leur maison afin de fuir les violences qui secouent le pays depuis le mois de décembre 2013. Présente au Soudan du Sud depuis 1993, CARE fournit des services d'hygiène et d'assainissement afin d'aider à prévenir la propagation du choléra et d'autres maladies. Découvrez l'action de notre équipe dans le comté d'Uror.

L'ONG humanitaire vient en aide aux déplacés au Soudan du Sud
Les équipes de CARE Soudan du Sud expliquent l'importance du lavage des mains avant et après les repas. Une affiche sert de support pour expliquer comment bien se laver les mains. © 2014 Josh Estey / CARE

« L'eau insalubre vous rendra malades »

Onze familles vivent au milieu des marécages depuis plusieurs mois. Contraintes de fuir leur maison, certaines d'entre elles viennent de Malakal, la capitale de l'État voisin.

« Le but de notre visite est de vous informer sur les façons dont vous pouvez vous protéger des méfaits d'une eau insalubre et prévenir les maladies hydriques », explique notre équipe. « L'eau insalubre constitue un risque élevé de maladie et de malnutrition pour vous et vos enfants. De plus, l'eau insalubre et une mauvaise hygiène contribuent à la propagation des maladies. »
L'ONG humanitaire vient en aide aux déplacés au Soudan du Sud
© 2014 Josh Estey / CARE

Les équipes de CARE expliquent l'importance du lavage des mains avant et après les repas. Une affiche sert de support pour expliquer comment bien se laver les mains. Quelques jours plus tard, CARE distribuera des trousses d'hygiène contenant du savon et des articles d'hygiène féminine.

Un des hommes de ce groupe raconte :

« Aucune autre ONG n'est venue nous voir et nous n'avons reçu aucune assistance. Voilà pourquoi nous sommes si reconnaissants pour cette aide. »

Parmi les femmes du groupe, Martha, 30 ans, témoigne de la précarité de leur situation :

« Il m'arrive parfois d'être obligée de mendier car je n'ai rien à manger. Je n'ai aucun bétail. Lorsque je ne suis pas en mesure de me procurer de la nourriture, mes enfants et moi sommes contraints de manger des fruits et des feuilles. Parfois, nous ne mangeons qu'une fois par jour. D'autres fois, nous ne mangeons pas du tout. »

Les femmes sont particulièrement vulnérables

Enceinte de trois mois, Martha a été traumatisée par cette fuite :

« Lorsque les combats ont commencé, j'ai fui avec mon bébé et mes six enfants. Nous avons laissé tous nos biens derrière nous. Mon mari a fui dans une autre direction et je ne l'ai pas revu depuis. Je ne sais même pas s'il est encore en vie. Lors de notre fuite, un soldat a enfoncé son couteau dans mon visage ; j'en ressens encore la douleur. Nous avons mis 10 jours pour nous rendre ici depuis Malakal. Nous nous cachions dans l'herbe. Nous étions si effrayés que nous ne sortions que lorsque nous étions certains que personne ne pouvait nous repérer. »
L'ONG humanitaire vient en aide aux déplacés au Soudan du Sud
© 2014 Josh Estey / CARE

Malheureusement, ce type d'incident n'est pas la seule forme de violence dont les femmes sont victimes.

« Les femmes sont souvent responsables de l'approvisionnement en eau. Sur le chemin du puits d'eau potable construit par CARE il y a un an, elles peuvent être victime de harcèlement ou d'agressions physiques », explique un membre de notre équipe.

C'est la raison pour laquelle, CARE sensibilise les hommes à cette situation et les encourage à protéger les membres de leur groupe.