10 octobre 2014

Crise syrienne : le combat quotidien des filles syriennes réfugiées

Cela va bientôt faire quatre ans que la Syrie est en proie à un conflit sanglant. A l'occasion de la Journée Internationale des Filles qui se déroule le 11 octobre, CARE donne la parole à des jeunes filles courageuses qui ont dû fuir leur pays et doivent faire face à des difficultés au quotidien, dans le pays dans lequel elles ont trouvé refuge.

Zainab et Farideh sont cousines. Elles ont fui la guerre en Syrie avec leur famille et ont rejoint la Jordanie.

© Johanna Mitscherlich / CARE

A cause de la guerre, elles ont manqué une année d'école. Les deux filles essaient de rattraper cette année perdue et étudient jusqu'à minuit pour se lever à six heures le matin afin de faire leur devoir avant le début de l'école.

« Les sujets abordés à l'école sont différents ici : avant, je ne connaissais pas l'histoire et la géographie de la Jordanie », explique Zainab. « Parfois, aller à l'école est difficile », ajoute Farideh. « Cela me rappelle mes amis en Syrie, mes professeurs, le chemin que j'empruntais pour aller à l'école ».

Ces moments commencent à s'effacer de leur mémoire, à présent. Elles n'ont pas de nouvelles de leurs amis en Syrie.

Hanan a perdu son père, victime d'une bombe alors qu'il vendait des légumes dans la rue.

© Johanna Mitscherlich / CARE

Son petit frère a été blessé par les décombres lorsque qu'une explosion a frappé leur appartement. La mère d'Hannan a quitté la Syrie avec ses cinq enfants, et ils vivent à présent dans un bidonville d'Amman, en Jordanie.
Hanan a manqué une année d'école alors qu'avec sa famille elle déménageait d'un endroit à l'autre en Syrie, dans l'espoir de trouver un lieu sûr. Mais la jeune fille n'a pas oublié les chiffres, les mathématiques et les opérations simples et est capable d'écrire le prénom de son frère en arabe. Elle est curieuse et avide d'en apprendre davantage sur le monde. Il est temps pour elle de retourner à l'école. Sa mère Rawda souhaite également qu'elle y retourne. Sans ressources financières ni possibilité de travailler légalement dans les pays qui accueillent les réfugiés syriens, beaucoup de réfugiés doivent envoyer leurs enfants dans la rue pour vendre des chewing-gums, du tissu ou d'autres objets.

Aya a fui Damas avec sa famille il y a deux ans.

" Mon cœur parle et crie, quel que soit le temps que cela prendra, nous sommes bouleversés aujourd'hui mais nous serons heureux demain" © Mahmoud Shabeeb / CARE

Depuis l'an dernier, elle participe aux activités menées par CARE.

« Dans notre quartier, il y a eu beaucoup de bombardements, de nombreuses filles ont été enlevées, notre maison a été détruite. Mes parents étaient inquiets pour mes sœurs, mes frères et moi, donc nous avons fui la Syrie pour nous réfugier en Jordanie il y a deux ans », raconte-t-elle.

« Rien n'est plus horrible que la guerre. Quand nous sommes arrivés en Jordanie, j'avais perdu foi en tout, je refusais de parler, même à ma propre famille. Mais depuis l'été dernier, j'ai commencé à participer aux activités mises en place par CARE pendant les vacances et les week-ends. J'ai appris à jouer de l'orgue, à me servir d'un ordinateur, et à présent je joue dans une pièce de théâtre que nous avons écrit tous ensemble. »

Les deux sœurs Aya, 12 ans, et Rokaya, 10 ans, et leur amie Miriam, 9 ans, vivent dans le même quartier de Tripoli au Liban.

© Racha El Daoi / CARE

Elles passent beaucoup de temps ensemble. Elles sont amies depuis qu'elles se sont rencontrées dans leur ville natale, Idlib en Syrie. Elles sont allées à l'école toute l'année et viennent de terminer leurs examens. Aya, la plus âgée, souhaite retourner en Syrie et revoir sa tante et ses cousins. Les deux sœurs vivent avec leur grand-mère Nabiha et leur tante Sabah depuis plus d'un an. Leur tante fait des ménages et gagne entre 13 et 16 dollars par jour pour subvenir aux besoins de sa famille. Nabiha, en complément, reçoit des bons alimentaires délivrés par les Nations Unies.

Chahed, 4 ans et Aya, 8 ans, ont fui la Syrie il y a un an et demi.

© Racha El Daoi / CARE
« La Syrie me manque », raconte Chahed. « C'est plus joli qu'ici. Je m'amusais davantage dans ma maison. »

En Syrie, Aya allait à l'école. Depuis qu'elle a fui son pays avec sa famille pour rejoindre le Liban, elle ne va plus à l'école.

« Mes amis en Syrie me manquent. J'aimerais rentrer à la maison, aller à l'école et revoir mes amis ».

Aya, ses frères et sœurs et ses cousins sont rarement autorisés à jouer dehors car leurs parents ont peur de déranger le voisinage. Sa mère Mina et sa tante Samira racontent :

« Même si nous avons été bien accueillis par la communauté, nous ne voulons pas les déranger. Nous nous sentons coupables et ne voulons pas créer de problèmes en étant présent ici ».