23 décembre 2014

Centrafrique : Kathy, réfugiée au Cameroun, traumatisée par les violences

Kathy, 43 ans, a dû fuir sa maison dans la précipitation pour sauver sa vie et échapper aux agressions physiques et sexuelles en Centrafrique. Elle a trouvé refuge dans l'Est du Cameroun où les équipes de CARE apportent une aide psychosociale aux réfugiés centrafricains traumatisés par les violences qui déchirent leur pays. Un récit de Pauline Hédé, du pôle urgences de CARE France.

CARE / Pauline Hédé, 2014.

Après les scènes de massacres, la fuite vers le Cameroun

L'histoire de Kathy* commence le jour où sa maison a été attaquée.

Cachée à quelques mètres de chez elle, Kathy assiste au meurtre de ses proches tués à coups de machettes, et à la destruction de sa maison par un groupe d'hommes venu piller, terroriser et massacrer la population. Elle n'a plus que la fuite comme issue. Mais dans la confusion du moment, elle est séparée de ses enfants et de son mari.

L'ONG CARE vient en aide aux réfugiés centrafricains
CARE / Violaine Gagnet, 2014.

Seule et apeurée, Kathy va marcher de longues journées sans eau, sans nourriture et sans abri. Kathy sait qu'elle ne sera pas en sécurité tant qu'elle n'aura pas traversé la frontière camerounaise. Elle craint d'être attaquée et tuée sur le chemin, mais elle ne veut pas abandonner. Des mois durant, elle va marcher et se cacher, sursautant à chaque bruit. Tenaillée par la faim et la soif, elle dort chaque nuit en pleine nature.

Parfois, un véhicule s'arrête et la prend à son bord pour la conduire sur une partie du chemin. Mais Kathy ne se sent pas plus en sécurité, entassée parmi d'autres passagers tout aussi traumatisés. Un jour, les deux personnes assises en face d'elle se font tuer par balle sur la route.

C'est donc ça, la fuite des massacres et la recherche d'un endroit plus sûr.

La peur, l'angoisse, la tristesse des proches disparus et la colère envers une telle barbarie, inhumaine.

CARE aide les réfugiés à surmonter leurs traumatismes

A bout de force, Kathy est accueillie dans le site de réfugiés de Timangolo dans la région Est du Cameroun.

Elle y retrouve son frère. Bien qu'arrivée à son but, Kathy souffre d'un lourd traumatisme. Repliée sur elle-même, elle sursaute encore à chaque mouvement. Quand elle parvient à trouver le sommeil, les cauchemars la hantent. L'incertitude quant au sort de ses enfants et de son mari est insupportable.

Cela fait maintenant quatre mois que Kathy est prise en charge par les équipes psychosociales de CARE.

Si ses premiers échanges avec un psychologue étaient difficiles, Kathy a aujourd'hui retrouvé le sommeil et l'envie de communiquer. Récemment, Kathy a même accepté de sortir du site pour accompagner son frère à l'hôpital pendant deux semaines. Le psychologue est impressionné par ces progrès exceptionnels. Il se rappelle avec émotion de Kathy qui n'osait ni bouger ni parler quelques semaines plus tôt.

* Les noms ont été modifiés

L'action de CARE

Les équipes de CARE soutiennent une partie des 80 000 réfugiés centrafricains installés dans l'Est du Cameroun. CARE mène des programmes d'assainissement et d'accès à l'eau ainsi que des activités de soutien psychosocial. CARE aide également les populations camerounaises dont les ressources limitées sont confrontées à une pression supplémentaire.