10 avril 2015

Afghanistan. Tempêtes et inondations : « J'ai perdu tout ce pour quoi j'ai travaillé »

Depuis février, la situation humanitaire en Afghanistan a empiré de jour en jour : plus de 30 000 personnes ont été affectées par de violentes chutes de neige, de fortes pluies, des avalanches et des inondations. 291 personnes ont été tuées et blessées, 1 454 maisons sont détruites et 7 119 sont endommagées. Des animaux sont morts, des hectares de terres et des centaines d'arbres sont détruits.

CARE vient en aide aux populations en distribuant des kits d'urgence ainsi que des bâches et des matériaux pour reconstruire les maisons.

©CARE/Afghan Red Crescent Society

Abdul: « Tout ce que nous avions a été détruit par la tempête. Elle nous a tout pris »

En parcourant sous la neige le district de Nijrab dans la province de Kâpîssâ, les équipes de CARE ont rencontré Abdul. Pris au piège par l'inondation, il portait deux enfants sur son dos et criait à l'aide.

« J'ai essayé d'empêcher l'effondrement de ma maison. J'ai emmené ma femme et mes enfants chez mon beau-frère pour qu'ils soient en sécurité, mais nous avons été surpris par l'inondation », explique Abdul, 60 ans.

Ses enfants tremblaient de froid et portaient des vêtements très légers - les seuls qu'ils ont. Leurs biens et le peu de nourriture dont ils disposaient ont disparu sous les décombres de leur maison.

« Tout ce que nous avions a été détruit par la tempête. Elle nous a tout pris. » Heureusement, ses animaux ont pu se sauver avant que la maison ne s'effondre et ils sont toujours en vie. Ils sont tout ce qu'il reste à Abdul et sa famille.

Shah : « Comment puis-je reconstruire ma maison ?»

Shah vit avec ses six enfants, tous âgés de moins de 15 ans, dans la province de Parwan au centre de l'Afghanistan.

« J'ai perdu mes biens, ma maison, mes vêtements, ma nourriture et mon bois de chauffe. J'ai perdu tout ce pour quoi j'ai travaillé ces dernières années. Comment puis-je nourrir et réchauffer mes enfants désormais ? Comment puis-je reconstruire ma maison ? ».

Quand les équipes de CARE l'ont rencontrée, Shah avait les mains pleines de boue et essayait de récupérer de la nourriture et des biens de sous les décombres, mais tout avait été détruit. Ses enfants, vêtus d'habits en lambeaux et de sandales, tremblaient de froid.

Agha: « Ce fut la nuit la plus sombre et la plus horrible de ma vie »

Agha, 55 ans, a essayé de sauver ses animaux et ses affaires des décombres de la maison. Malheureusement, il n'y avait plus rien à sauver. 

« Ce fut la nuit la plus sombre et la plus horrible de ma vie. Nous pouvions entendre la boue tomber des murs. Ma femme, mes huit enfants et moi-même avons quitté la maison pour nous réfugier chez un voisin dont la maison est en béton. J'avais vraiment peur que quelque chose puisse arriver à ma famille. Je suis retourné chez nous pour secourir le bétail, mais il était trop tard. La maison s'était effondrée et nous avions tout perdu. ».

Certaines des familles touchées par ces intempéries vivent dans des régions éloignées et parfois inaccessibles, ce qui rend difficile l'intervention humanitaire et l'évaluation du nombre de communautés affectées.

A PROPOS DE CARE:


CARE travaille en Afghanistan depuis 1961 mais a suspendu ses activités après l'invasion russe de 1979.

Ses activités ont repris en 1989 à Peshawar. Depuis 2002, le siège de CARE se trouve à Kaboul.

Les activités de CARE se concentrent dans quatre domaines en Afghanistan : l'urgence, l'empowerment des femmes, le développement rural et les réponses d'urgence.

CONTACT MEDIAS:
Contactez Laury-Anne Bellessa, bellessa@carefrance.org, + 33 (0) 1 53 19 89 92