25 septembre 2017

Réfugiés rohingyas : « Mon mari s’est fait tiré dessus mais je n’ai pas pu m’arrêter. Je devais sauver mes enfants. »

Ayesha, 22 ans, fait partie des 400 000 personnes qui ont fui les violences et les exactions au Myanmar. Soutenue par CARE après son arrivée au Bangladeh, elle a confié les horreurs de sa fuite à nos équipes.

L'association humanitaire CARE apporte une aide aux réfugiés rohingyas
Ayesha et ses quatre enfants. © 2017 / Tahmina Haque pour CARE Bangladesh

Des assaillants ont mis le feu à son village. D’autres ont tiré sur son mari

C’était un matin comme les autres. Ayesha s’occupait des tâches ménagères et son mari Abdur Rahim s’apprêtait à ouvrir sa petite épicerie. Des assaillants sont arrivés soudainement et ont mis le feu à tout le village. Tous les habitants ont pris la fuite pour sauver leur vie. Ils se sont réfugiés dans un village voisin où ils ont dormi en plein air pendant plusieurs jours.

Mais l’horreur ne s’est pas arrêtée là. Ils ont de nouveau été attaqués, mais cette fois, les assaillants disposaient d’armes à feu. Ils ont dû fuir, encore une fois… Le mari d’Ayesha s’est fait tiré dessus. Ayesha a continué de courir pour sauver ses enfants.

« Ton mari se fait tirer dessus devant tes yeux…il tombe au sol et réclame de l’aide mais tu ne t’arrêtes pas. Tu continues à courir… et tu t’éloignes…le plus loin possible sans savoir si ton mari est encore en vie », se souvient péniblement Ayesha qui s’est confiée à nos équipes.

Avec ses enfants et ses parents, Ayesha a fui, de lieu en lieu, pendant plusieurs jours. Puis, elle a aperçu une foule de personnes terrifiées et en état de choc, à la frontière du Bangladesh. C’est comme ça qu’elle est arrivée au Bangladesh, au côté de milliers d’autres. Ayesha se trouve actuellement dans un camp de fortune, où de nombreux réfugiés rohingyas continuent d’affluer. 

4 réfugiés sur 5 sont des femmes et des enfants

Au cours des trois dernières semaines, plus de 400 000 réfugiés sont arrivés dans la ville de Cox’s Bazar, dans le sud-est du Bangladesh. Tous ont fui l’escalade de violences dans le nord de l’État de Rakhine au Myanmar. 

Comme Ayesha, la plupart des réfugiés sont des femmes avec des enfants, parfois en bas-âge. Ayesha allaite son plus jeune enfant, tout en s’occupant des trois autres encore petits. Elle a peu de temps pour aller à la recherche de l’aide apportée par les humanitaires. Heureusement, ses parents partagent avec elle tout ce qu’ils peuvent se procurer.

« Nous avons besoin de nourriture…d’eau…de latrines et de vêtements. Mais nous n’avons pas d’argent pour acheter quoi que ce soit. »

L'association CARE aide les réfugiés rohingyas
© 2017 / CARE Bangladesh

Des milliers de familles dorment dans la boue dans des camps de fortune

 « La situation des réfugiés empire à chaque instant. Beaucoup sont arrivés au Bangladesh avec les seuls vêtements qu’ils portaient. Ils ont marché de longues distances des jours entiers pour trouver un lieu sûr. Ils n’ont aucun autre endroit où aller », indique Zia Choudhury, directeur de CARE au Bangladesh.

À Cox’s Bazar, des milliers de familles dorment dans des camps de fortune, le long des chemins ou dans des champs. Tous ces endroits sont boueux, escarpés et glissants au point d’être dangereux.

« J’ai rarement observé des conditions aussi misérables. Les réfugiés ont désespérément besoin d’abris, de nourriture et de soins », ajoute Zia Choudhury.

CARE a commencé des distributions alimentaires à plus de 3 500 personnes afin qu’elles puissent se nourrir pendant 15 jours. CARE va mettre en place un centre de santé et mobilise des experts nutrition et genre afin d’apporter une aide d’urgence aux femmes et aux enfants.