Tchad

Tchad : Elevage et activités génératrices de revenus pour les femmes dans la région du Wadi Fira

Fiche projet

Début : avril 2015
Fin : avril 2018
Localisation : Région de Wadi Fira
Budget : 380 900€
Financé par : Grand donateur
Bénéficiaires : Le projet cible les ménages gérés par les femmes, soit 63% des ménages pauvres et très pauvres.

Le Tchad est l'un des pays les plus pauvres au monde, classé 184e sur 187 en 2014 selon l'indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le Développement. Plus de 64% de la population vit en-dessous du seuil d'extrême pauvreté avec moins de 1 dollar US par jour et par personne.

Contexte

Au cours des dix dernières années, le Tchad a connu 4 épisodes de crises alimentaires (soit une année sur deux) causés par :

  • Une faible production agro-pastorale précaire, liée à la variabilité des averses et à l'insuffisance d'infrastructures d'irrigation de base pour la production en contre saison ;
  • Des chocs climatiques et environnementaux récurrents ;
  • Un très faible pouvoir d'achat de la population ;
  • La fragilisation de l'environnement en raison de la désertification et de la déforestation ;
  • Une croissance démographique accrue qui cause une pression importante sur les ressources et sur les services sociaux et économiques.

Cela crée une situation insoutenable pour les ménages qui sont contraints de compenser la perte des récoltes en utilisant leurs épargnes pour se procurer de la nourriture. Dans de pareilles situations, les plus vulnérables (surtout les femmes qui assurent la gestion des ménages pendant les périodes de crises en raison de l'exode des hommes) sont souvent contraints de se départir de leurs seules ressources, leur bétail, pour survivre. Avec la récurrence des crises alimentaires, il est devenu pratiquement impossible pour les ménages très pauvres disposant d'à peine 2 à 5 têtes de bétail, selon l'enquête de Profil Economique menée par CARE, d'assurer la viabilité du cheptel sans une aide conséquente.

Les femmes chefs de ménages doivent donc diversifier leurs activités économiques et bénéficier d'un soutien pour développer des stratégies durables d'entretien et de renouvellement du cheptel. Leur vulnérabilité est notamment accentuée par :

  • L'absence (ou le nombre très limité) de bétail restant avec elles pendant la transhumance;
  • Le manque de nourriture pour le bétail (fourrage, compléments alimentaires, etc.) pendant les périodes de sécheresse, ce qui pousse les femmes les plus pauvres à vendre leur maigre cheptel à bas prix pour survivre ;
  • L'insuffisance des services vétérinaires qui entraîne des pertes lourdes dans les cheptels.

De manière générale, le faible niveau de revenus des femmes chef de ménages est au cœur du problème, car elles ne disposent pas d'un pouvoir d'achat suffisant pour acquérir des biens productifs, notamment le noyau d'élevage, et entretenir leur troupeau de façon adéquate. Cette situation est encore plus accrue lorsqu'une femme se retrouve seule à assurer les charges de son ménage.

Alors que les femmes assurent l'élevage de petits ruminants et assument le rôle de chef de ménage pendant la transhumance, elles ne participent pas aux prises de décisions dans leur communauté. Un renforcement de leur rôle par des campagnes d'alphabétisation et la création de groupements de femmes est essentiel afin qu'elles puissent exercer pleinement leurs droits et, de surcroit, améliorer leur condition économique.

Objectifs

Objectif global : Améliorer de manière durable la sécurité alimentaire des ménages tenus par des femmes dans la région de Wadi Fira.

Objectif spécifique : Appuyer les ménages très pauvres tenus par les femmes dans leurs stratégies d'adaptation aux chocs futurs grâce au développement de l'élevage de petits ruminants et d'activités génératrices de revenus.

Activités

Résultat 1 : La résilience des ménages pauvres tenus par les femmes est soutenue et renforcée à travers les activités de petit élevage et les activités génératrices de revenus (AGR).

  • Formation de 10 femmes comme auxiliaires vétérinaires ;
  • Organisation de foires de petits ruminants pour reconstituer les cheptels et acheter des compléments alimentaires pour les animaux ;
  • Formation sur les techniques d'élevage des petits ruminants ;
  • Formation et accompagnement des femmes dans la mise en place d'une culture fourragère ;
  • Formation à la fabrication de blocs nutritionnels pour le bétail.

Résultat 2 : La capacité de gestion et de plaidoyer des femmes chefs de ménages est renforcée par des activités d'alphabétisation et de regroupement en vie associative.

  • Cours d'alphabétisation pour au moins 100 femmes ;
  • Formation et accompagnement de la gestion d'activités génératrices de revenus pour 500 femmes.