Cameroun

Aide d’urgence aux populations déplacées et communautés hôtes affectées par l’insécurité au Cameroun

Fiche projet

Début : mars 2016
Fin : mars 2017
Localisation : Cameroun
Budget : 922 431 €
Financé par :
Global Affairs Canada – GAC (coopération canadienne), avec une contribution financière supplémentaire de la Mairie de Paris et Le Direct Aid Program (DAP) du Haut-Commissariat d’Australie au Nigeria.


Bénéficiaires : 21 000 personnes au total : 17 000 personnes soutenues par GAC (soit environ 7 820 hommes et 9 180 femmes) et 4000 personnes soutenues par DAP

L’intervention proposée par CARE vise à répondre aux besoins essentiels des populations affectées par le conflit dans la zone du Bassin du Lac Tchad. CARE propose des activités axées sur la distribution de kits non-alimentaires, couplée à une intervention pour améliorer l’accès à l’eau et aux infrastructures sanitaires.

Contexte

Depuis la fin de l’année 2014, les exactions du groupe État Islamique en Afrique de l’Ouest – EIAO (anciennement appelé Boko Haram) se sont considérablement accentuées dans le nord-ouest du Nigéria mais aussi dans les pays frontaliers du lac Tchad dont le Cameroun. La région de l’Extrême-Nord est la plus affectée par les attaques et les attentats suicides par EIAO. Les exactions commises par ce groupe ciblent toutes les personnes, en particulier les civils, et entraînent des déplacements massifs de populations nigérianes et camerounaises qui fuient les villages frontaliers pour trouver refuge principalement dans les départements du Mayo-Sava, Mayo-Tsanaga et Logone-et-Chari.

CARE, qui travaille dans la région depuis plus de 20 ans, a constaté l’ampleur de la situation et a pu procurer de l’aide d’urgence par des distributions de kits d'hygiène, de matériel de cuisine, de matériel de couchage aux familles déplacées dès mai 2015 dans le département du Mayo Sava.

À fin mars 2016, 64 857 réfugiés nigérians ont été enregistrés par le HCR dans l’Extrême-Nord. À la même date, environ 169 970 personnes vivant dans les villages frontaliers se sont déplacées à l'intérieur de la région de l’Extrême-Nord.

Les populations déplacées et hôtes restent plus marginalisées et peu ciblées par l’assistance humanitaire pour plusieurs raisons : l’insécurité limite l’accès à certaines zones à forte concentration de populations déplacées, une forte mobilité des populations déplacées, stigmatisation et populations de plus en plus perçues comme étant des potentiels partisans d’EIAO. Les déplacées internes (PDI) hébergent dans des familles d’accueil, aggravant, de ce fait, les conditions de vie de celles-ci, qui doivent, entre autres, partager leurs latrines et prendre en charge une partie des besoins alimentaires et non alimentaires de base des personnes accueillies. Plus de 6 mois depuis le début de la crise, ces ménages d’accueil ont maintenant épuisé leurs mécanismes d’appui et requièrent des solutions plus durables.

Objectifs

Objectif général :
Éviter que les populations ne s’engagent dans des stratégies de survie négatives (vente de leurs actifs, comportements à risques) et leur permettre ainsi de retrouver une vie digne.

Objectif secondaire :
Garantir l'accès aux services de base, notamment aux abris d’urgence, à l'eau, l'hygiène et l'assainissement pour limiter les risques liés aux conflits autour de l'utilisation des ressources naturelles entre communautés d'accueil et nouveaux arrivants.

Activités

Résultat 1 : Accès aux articles non alimentaires de base

• Activité 1 : Distribution de kits non-alimentaires et enquêtes post-distribution

Nombre de bénéficiaires estimés : 11 250 personnes - environ 5 175 hommes et 6 075 femmes.
Composition du kit : une natte, une moustiquaire, un kit de cuisine.
Cette distribution de kits « non alimentaires » sera couplée avec une distribution de kits d’hygiène. Pour mener à bien cette activité, éventuellement sous forme de cash transfert, une étude de marché est prévue.

Résultat 2 : Eau, hygiène et assainissement

• Activité 1 : construction et aménagement de points d’eau : 26 réhabilitations et 8 nouveaux forages.

• Activité 2 : organisation de sessions de formation au recyclage pour les comités de gestion de points d’eau et initiation à la stratégie de micro-assurance pour leur maintenance et leur réparation. La responsabilité des comités sera de mobiliser la population pour l’entretien des points d’eau, de veiller à leur bon fonctionnement et la bonne utilisation de l'eau.

• Activité 3 : appui à la construction de blocs de latrines dans les zones les plus vulnérables en consultation avec la communauté via l’approche ATPC.
L’ATPC est une approche intégrée qui consiste à encourager la communauté à analyser sa propre situation en matière d’hygiène et d’assainissement, ses pratiques en matière de défécation et leurs conséquences, suscitant ainsi une action collective visant à atteindre la défécation à l’air libre via la construction de latrines.
400 latrines seront construites dans les villages à fort risque sanitaire. Des comités de pilotage pour l’assainissement total piloté par la communauté - ATPC seront constitués. 

• Activité 4 : distribution de kits d’hygiène en fonction des besoins spécifiques liés à l’âge et au genre. La distribution des kits sera couplée avec la distribution de kits NFI.

• Activité 5 : organisation de sessions de sensibilisation à l’hygiène, la santé et l’assainissement, adaptées aux besoins spécifiques des filles, des femmes, des garçons et des hommes. Les sessions portent principalement sur les mesures de prévention du choléra, la gestion de l’eau, le lavage des mains et l’entretien des ouvrages.