Madagascar

Madagascar : Projet d'Assainissement Innovant en milieu Urbain

Fiche projet

Début : mai 2013
Fin : avril 2016
Localisation : Commune Urbaine d'Antananarivo
Budget : 560 990 €
Partenaires locaux : La Communauté Urbaine Antananarivo via le Bureau Municipal d'Hygiène de la Direction des Affaires Sociales et de la Santé Publique (DASSP) ; le « Water and Sanitation Program » (WASP) ; l'Association FIOMBONANA ; des structures lo
Financé par : Agence Française de Développement (AFD)
Bénéficiaires : 55 266 personnes

Le projet vise à améliorer les conditions de vie et sanitaires des populations vulnérables dans la Communauté Urbaine d'Antananarivo.

Contexte

Actuellement peuplée de 1,6 millions d'habitants, Antananarivo, capitale de Madagascar, voit sa population augmenter de 3,5% par an.

Une part importante de la population vit sous le seuil de pauvreté : le revenu annuel médian est inférieur à 250 dollars.

17% de la population n'est pas couverte par le réseau collectif d'assainissement

17% de la population n'est pas couverte par le réseau collectif d'assainissement, soit une quarantaine de quartiers ou Fokontany (250 000 habitants) dont une grande partie se trouve dans les bas quartiers de la plaine de Betsimitatatra.

Ces populations n'ont pas accès au service de gestion des ordures ménagères et 75% des habitants ont recours aux latrines traditionnelles de type fosse sèche. [1]
Bien qu'il y ait eut une légère amélioration dans l'accès à l'assainissement, encore environ 1 personne sur 5 continue à déféquer en plein air dans l'agglomération d'Antananarivo selon le rapport de la Banque Mondiale de 2011. 

Le service de ramassage d'ordure est loin de couvrir l'ensemble de la capitale et il n'y a que 460 bacs à ordure dans la Communauté Urbaine d'Antananarivo (CUA).

S'ajoutent à cela les problèmes d'inondation, en raison de conditions sanitaires déplorables dues à des facteurs topographiques et de gestion des écoulements, à l'amoncellement de déchets solides encombrant l'écoulement d'eau et à l'usage des latrines hors norme.

Le « Projet d'Assainissement Innovant en milieu Urbain»

Les raisons de cette situation sont notamment la précarité de l'habitat et la surpopulation de la Communauté Urbaine d'Antananarivo, ayant pour conséquence le manque de terrain libre pour l'implantation de latrine.

Le « Projet d'Assainissement Innovant en milieu Urbain» (PAIU) consiste à la mise en œuvre d'actions pour la gestion intégrée des déchets solides et liquides dans des localités critiques au sein de la CUA en mobilisant particulièrement la prise de responsabilité effective des femmes. Ce projet découle d'un mécanisme d'autofinancement à mettre en place.

La dimension innovante du projet repose sur le recours aux RF2 (Rafitra Fikojàna ny Rano sy Fidiovana), structures locales de gouvernance des actions dans le domaine des ressources en eau et de l'assainissement. Elles sont promues par la CUA et sont en voie de s'étendre au sein de toute la commune urbaine. Leurs membres sont bénévoles et coordonnent les activités de collecte des déchets et de maintenance de canaux de drainage, assurés par des salariés. Des récolteurs sont également engagés afin de percevoir les contributions de la population. Les membres des RF2 recherchent des partenariats et mettent en place des activités de sensibilisation auprès de la population.

[1 ] Chiffres tirés du rapport de WSUP/ SOMEAH de 2010 sur les conditions sanitaires au sein de la Communauté Urbaine d'Antananarivo (CUA)

Objectifs

Objectif général

  • Améliorer les conditions de vie et sanitaires des populations vulnérables vivant dans 12 Fokontany (quartiers) considérées comme parmi les plus défavorisées en matière d'assainissement de la communauté urbaine d'Antananarivo.

Objectifs spécifiques

  • Améliorer les conditions d'hygiène et d'assainissement pour 11 053 ménages les plus vulnérables dont 28 186 femmes, dans les quartiers ciblés de l'action.
  • Permettre un meilleur accès à des facilités sanitaires de gestion de déchets et de gestion de l'eau, associé à un comportement collectif et individuel adéquat afin de réduire les maladies d'origine hydrique, notamment chez les enfants en bas âge.
  • Diminuer de 15 à 25% le taux des maladies liées à l'eau et à l'insalubrité.

Activités

Résultat 1 : Mobiliser 16 structures locales pour garantir un mécanisme d'autofinancement local de gestion intégrée des déchets de façon pérenne (12 RF2+ 24 maçons répartis en deux structures + 12 vidangeurs répartis en deux structures).

  • Mettre en place des structures de collecte, de tri et de revalorisation des déchets grâce aux RF2.
  • Renforcer les capacités des RF2 sur le plan d'investissement et de financement à moyen et long terme.
  • Mener une action de plaidoyer pour l'autofinancement local en matière EHA (Eau - Hygiène - Assainissement) via la mise en place d'un fond de roulement pour l'acquisition de latrines Ecosan et de dalles SanPlat.

Résultat 2 : Impliquer 144 femmes issues de la population cible pour influencer les décisions relatives à l'EHA tout au long de la chaîne complète.

  • Renforcer les capacités des femmes sur le leadership et mise en place d'activité de revalorisation des déchets non dégradables. 
  • Faciliter l'intégration des femmes dans les espaces de concertation et de décision.
  • Renforcer les capacités des femmes en entreprenariat.

Résultat 3 : Sensibiliser et/ou faire participer 15 474 ménages (77 370 personnes) à l'opérationnalisation du cycle complet de la gestion intégrée des déchets solides.

  • Mettre en œuvre le système de collecte et de transport d'ordures grâce à l'appui des RF2 et des autorités locales.

Résultat 4 : Faire bénéficier 4160 ménages (20 800 personnes) de l'opérationnalisation du cycle complet de la gestion intégrée des déchets liquides.

  • Mettre en place une gestion intégrée des déchets liquides (DEWATS) avec un mécanisme de pérennisation.
  • Faciliter la professionnalisation des acteurs locaux (vidangeurs, maçons...).
  • Suivre et évaluer les actions relatives à la gestion complète des déchets solides/liquides et capitalisation.