Niger

Niger : Adaptation des pratiques agricoles aux dérèglements climatiques

Fiche projet

Début : janvier 2014
Fin : janvier 2017
Localisation : Huit communes de la région de Maradi : Aguié, Tchadoua, Saé Saboua, Tibiri, Guidan Roumji, Sarkin Yamma, Safo et Djirataoua.
Budget : 750 000 €
Partenaires locaux : Les SCAP-RU, les Observatoires de suivi de la vulnérabilité, le DNPGCC, le CERRA, les universités de Maradi et de Niamey, l'INRAN, le AGRHYMET.
Financé par : Agence française de développement (AFD) / CFAO / Squiz
Bénéficiaires : 2 500 ménages (17 500 individus, dont 4 000 femmes vulnérables) et 60 groupements et réseaux locaux.

Depuis la grande sécheresse du début des années 70, le changement climatique se manifeste au Niger à travers une variabilité accrue des régimes de précipitation et de températures et par des manifestations plus fréquentes d'évènements climatiques extrêmes.

Contexte

Les aléas météorologiques exposent les agriculteurs à une incertitude et à des risques sévères quant à leur production.

Dans la région de Maradi, l'agriculture demeure le principal moyen de subsistance puisque 80% de la population vit dans des zones rurales et que les activités non agricoles offrent peu d'opportunités.

Dans un contexte où la majorité de la population vit sous le seuil de la pauvreté (73,4%), les communautés de Maradi - les femmes et les enfants surtout - sont vulnérables aux crises alimentaires déclenchées par la volatilité des facteurs météorologiques. La tendance à la baisse des rendements agricoles fait apparaître, à l'horizon 2050, une baisse de 10% à 25% de la production de mil et de sorgho, si les températures augmentent de 2°C à 3° et si les précipitations varient peu.

Des stratégies de mitigation des risques adéquates peuvent cependant contribuer à tempérer les impacts des changements climatiques sur la production agraire. Par exemple, les communautés peuvent développer des structures de collecte d'information permettant de mieux anticiper les conditions météorologiques, adopter des techniques agricoles permettant d'accroître le rendement de leurs terres et d'abaisser les risques de production, ou encore substituer leur production pour des cultures plus résistantes et à meilleure valeur nutritive.

Le projet de CARE : une innovation méthodologique intégrée sur base communautaire

Afin de proposer aux populations les plus pauvres des options de résistance et d'adaptation aux chocs et dérèglements climatiques, CARE a développé une méthode qui combine l'Adaptation à base communautaire (ABC) et l'autonomisation de groupements AVEC (Association Villageoise d'Epargne et de Crédits). Ces groupements, constitués principalement de femmes et appuyés depuis 22 ans par CARE, constituent des entités d'analyse et décisionnelles au bénéfice du développement communautaire. Leurs capacités financières couplées à leur force de plaidoyer sur les questions de droits et d'égalité de genre représentent un socle solide et durable en matière de résilience face aux risques de crises et de catastrophes.

Le projet GARIC intègre la gestion des risques climatiques dans le champ d'action de ces groupements afin d'améliorer les activités productives, notamment les activités agro-sylvo-pastorales et halieutiques. La promotion de l'adoption et la diffusion de techniques agricoles adaptées intègrent l'analyse de genre et de risques relative à chaque activité, à des fins de pérennité et de gain de production. L'initiative, à travers la méthodologie ABC, tâchera de réduire les risques, tenant compte des mécanismes résilients traditionnels, l'accès à l'information agro-météorologique, l'analyse participative et l'accès aux ressources financières via les réseaux MMD.

Objectifs

Objectif global : Accroître la résilience des producteurs ruraux les plus vulnérables aux risques climatiques dans la région de Maradi.

Objectifs spécifiques :

1) Réduire significativement et durablement la pauvreté de 2 500 ménages ruraux extrêmement pauvres et vulnérables grâce au renforcement des connaissances et compétences des groupements de femmes (AVEC) sur les systèmes et pratiques agro-sylvo-pastoraux et halieutiques (ASPHA) adaptés aux effets du changement climatique et économiquement porteurs.

2) Renforcer l'égalité et l'équité de genre dans les dynamiques de soutien à la résilience climatique des systèmes ruraux de production dans 2 500 ménages (dont au moins 25% dirigés par des femmes) dans 8 communes de la région de Maradi.

Activités

Résultat 1 : Les bénéficiaires adoptent des stratégies appropriées d'adaptation et améliorent leur productivité agricole grâce à des techniques durables qui réhabilitent et optimisent la productivité des écosystèmes.

Résultat 2 : 4 000 femmes membres de 60 groupements AVEC ont accru leurs capacités à analyser les risques climatiques et à prendre conséquemment des décisions informées quant à leur système de production.

Résultat 3 : Les communes intègrent la réduction des risques de catastrophes (RRC) et le genre dans leurs divers plans afin de mieux soutenir l'adaptation (selon l'approche ABC) des activités du secteur rural dans leur territoire et au sein de leurs populations.

Activités :

  • Mise en place de plans d'adaptation communautaire intégrant toutes les activités productives pilotées par les femmes ou leurs ménages ;
  • Appui à la production de légumineuses (fanes & graines de niébé, arachide, wandzou) dans des associations culturales avec le mil et le sorgho ;
  • Appui à l'introduction de plantes résistantes à haute valeur nutritive et monétaire comme le manioc et le moringa oléifera ;
  • Appui à la rotation culturale (espèces fourragères, légumineuses et céréales cultivées) pour la restauration des aires de pâturage en intégrant des actions de conservation des eaux du sol / défenses et restauration du sol (CES/DRS) et des ensemencements fourragers ;
  • Appui à la réhabilitation des aires de pâturage et des enclaves pastorales sur le modèle de TAMBARAWA (travaux communautaires en gayya avec un système inclusif de gestion piloté par les femmes) en intégrant des actions CES/DRS et des ensemencements fourragers ;
  • Protection biologique et mécanique des cultures en collaboration avec le CERRA/INRAN ;
  • Développement des cultures de contre-saison par la mise en place de kits de contre-saison sous forme d'un paquet technologique « semences, engrais, fongicides, encadrement, facilitation de marché » ;
  • Réhabilitation de puits maraichers pour soutenir les cultures de contre-saison ;
  • Développement du petit élevage d'ovins et caprins, embouche ovine ;
  • Développement de l'élevage de vaches laitières par structure AVEC ;
  • Appui au développement de la régénération naturelle assistée et à l'élargissement de la gamme des stratégies d'adaptation intégrant l'agroforesterie et l'élevage ; 
  • Appui à la protection des essences forestières pourvoyeuses de produits forestiers non ligneux (PFNL) ;
  • Formation des acteurs clé des communes (dont les AVEC et les autres organisations partenaires) aux outils et méthodes CVCA (Climate Vulnerability and Capacity Analysis) et à l'approche ABC avec intégration du genre ;
  • Formation des membres des structures AVEC et des opérations partenaires à l'utilisation de l'information climatique ;
  • Accompagnement des structures AVEC, des opérations partenaires et des structures communales ;
  • Organisation d'analyses et de formations sur le genre ;
  • Organisation d'une cartographie institutionnelle par département ;
  • Sensibilisation au genre et à la réduction des risques de catastrophes (RRC) dans les plans de développement communaux, les plans communaux annuels d'investissement et les systèmes communaux et départementaux de vulgarisation agricole ;
  • Appui à la mise en place de réseaux para-vétérinaires communautaires ; 
  • Appui au développement du warrantage communautaire, sur le modèle ALP (Adaptation Learning Program), des stocks céréaliers communautaires gérés par les femmes, des stocks communautaires d'aliments pour le bétail et des stocks de semences de céréales et légumineuses ;
  • Appui au développement de comptoirs de commercialisation de produits ruraux des femmes sur les grands axes de flux vers les marchés ;
  • Appui à la conservation et transformation de produits animaux et végétaux de rente (beurre, lait et fanes, graines, gousses d'arachide, de niébé, de wandzou).