Niger

Fiche projet

Début : janvier 2012
Fin : janvier 2015
Localisation : Communes de Madarounfa et Mirriah
Budget : 750 000 €
Partenaires locaux : les ONG nigériennes AFUA et FORSANI, les communes concernées, les directions stratégiques de la nutrition, de la santé de la mère et de l'enfant, de la santé publique et le Ministère du Développement Agricole.
Financé par : Agence Française de Développement/Des donateurs et des entreprises privées / BNP Paribas
Bénéficiaires : 37 400 personnes*.

Prévention et prise en charge de la malnutrition des mères et des enfants.

Contexte

Le Niger est l'un des pays les plus pauvres du monde (classé 186ème pays sur 195 d'après l'Indice de Développement Humain de 2011 du Programme des Nations-Unies pour le Développement). L'état nutritionnel de la majorité de la population est mauvais même lorsque les récoltes sont considérées comme « normales ». Cet état est entretenu par une faible disponibilité alimentaire (et des prix élevés), une des croissances démographiques les plus importantes du monde (3,3%), une alimentation inadéquate, des soins médicaux inadaptés, et des mauvaises pratiques d'hygiènes et d'assainissement. Il en résulte une persistance de taux élevés de malnutrition maternelle et infantile (MMI). Ces taux dépassent régulièrement tous les seuils « critiques ». Avec 15,5% de taux de malnutrition aiguë global, le Niger compte près de 422 300 enfants de moins de 5 ans en situation de malnutrition dont environ 86 800 dans sa forme sévère1.

CARE a mis en œuvre depuis quelques années une approche de pédagogie par l'exemple. Les Mamans Lumières, mères d'enfants bien portants, sont identifiées suite à une session de dépistage de la malnutrition. Le processus de choix de la Maman Lumière repose sur une enquête portant sur les niveaux d'application des bonnes pratiques des mères en matière de nutrition, de soins à l'enfant, d'hygiène et de soins de santé comme la vaccination, la fréquentation des centres de santé, etc.
La mère qui obtient le plus grand score au terme de l'enquête est retenue comme « Maman Lumière » et devient l'exemple à suivre pour les autres femmes de la communauté.

Objectifs

Objectif général : Réduire le taux élevé de la malnutrition maternelle et infantile grâce à des stratégies sociocommunautaires innovantes.

Objectif spécifique : Mettre en place un système de prévention et de prise en charge de la malnutrition maternelle et infantile par les communautés elles-mêmes.

Activités

  • Identifier les « mamans lumières » et leur donner une formation sur comment nourrir au mieux leur famille ainsi que des techniques d'animation afin qu'elles puissent mener ensuite des groupes de discussions dans leur communauté sur les bonnes pratiques de prévention de la malnutrition maternelle et infantile ;
  • Organiser des Foyers d'Apprentissage et de Réhabilitation Nutritionnelle (FARN) qui sont des cadres d'échange et d'apprentissage entre paires (sur l'allaitement, l'alimentation, le sevrage, la prévention des carences, la prévention sanitaire, les soins de santé aux enfants, les soins de santé aux femmes enceintes et allaitantes) ;
  • Accroître la capacité des familles et des communautés à prendre en charge et à prévenir (par des systèmes d'alerte précoce) la Malnutrition Maternelle et Infantile (MMI) à travers le renforcement des connaissances des déterminants de la malnutrition aiguë et chronique ;
  • Mettre en œuvre des actions d'accompagnement pour atténuer les effets des crises alimentaires :
    - distribution de kits goutte à goutte pour des jardins de case afin d'économiser de l'eau,
    - appui à la mise en place de banques de soudure2 pour y faire face,
    - sensibilisation aux pratiques d'hygiène et d'assainissement pour éviter des maladies,
    - promotion des combinaisons optimales d'aliments locaux et la promotion de la consommation d'aliments riches en micro nutriment et vitamines ;
  • Organiser des groupements féminins actifs menant des actions de mobilisation sociale pour créer une audience plus grande des bonnes pratiques nutritionnelles ;
  • Promouvoir des comportements procréateurs à moindre risque (planning familial, dialogue entre conjoints, etc.) ;
  • Améliorer la qualité des services grâce au plaidoyer, par le renforcement des capacités des différents acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux (centres de santé, leaders communautaires, conseils communaux), par des formations,...

Bénéficiaires

* Au total, 37 400 personnes bénéficient du programme dont des enfants de 0 à 36 mois, 15 000 femmes enceintes et allaitantes, des pères d'enfants de moins de 3 ans et des hommes en âge de procréer, des leaders religieux, politiques et d'opinion, des élus locaux et des agents de santé.

1 Enquête de CARE d'octobre 2010
2 La période entre deux récoltes où la nourriture et l'eau peuvent venir à manquer