Roumanie

Roumanie : Pour le droit des enfants à une famille : la fermeture des centres de placements

Fiche projet

La désinstitutionalisation est au cœur des actions de SERA ROMANIA depuis 1996.

Contexte

Pouponnière à Botosani en 1989

Le paysage des orphelinats roumains a beaucoup évolué depuis la découverte des « mouroirs » en 1989. Depuis plus de 15 ans, SERA ROMANIA apporte un soutien aux autorités locales pour fermer les institutions de type ancien. SERAa ainsi contribué à la fermeture de 35 des 37 foyers-hôpitaux du pays.

Aujourd'hui, il n'y a plus de mouroirs en Roumanie, et les gigantesques institutions ont été divisées en structures plus petites. Toutefois, parmi ces centres de placement, trop nombreux sont ceux qui n'offrent pas des conditions de vie satisfaisantes à leurs résidents : surcapacité, mélange des âges et des pathologies, manque de personnel, équipements vétustes, absence de stimulation et d'affection sont les maux quotidiens de beaucoup trop d'enfants. Dans ces conditions, un développement harmonieux des enfants est impossible.

La fermeture des centres de placement demeure une priorité pour SERA ROMANIA, la fondation proposant des alternatives adaptées aux besoins des enfants, le plus près possible de la vie en famille.

La décision de fermer une institution est toujours prise en collaboration avec les autorités locales. Bien souvent la volonté politique est au rendez-vous, mais les directions départementales n'ont pas toujours les fonds et l'expertise nécessaires pour conduire un projet de fermeture de centre. SERA collabore alors avec les responsables de la protection de l'enfance pour trouver les solutions les plus adaptées au cas de chaque enfant et apporte un soutien financier pour la création de services alternatifs.

Objectif

Permettre aux enfants institutionnalisés de vivre dans des conditions sanitaires décentes et dans un environnement épanouissant, au sein de leur famille ou dans un milieu le plus proche possible de la vie familiale.

Activités

La fermeture d'une institution comporte plusieurs étapes et il existe différentes solutions selon les centres, et selon le cas de chaque enfant :

  • L'amélioration des conditions de vie

Dans un premier temps, SERA peut améliorer les conditions de vie des pensionnaires du centre de placement dans l'attente de la mise en œuvre de solutions durables, en rénovant les sanitaires ou le chauffage, par exemple.

Pour les enfants qui ont une famille biologique, la solution privilégiée est de réintégrer l'enfant dans sa famille. Après l'évaluation de la situation familiale, si cela est possible, SERA accompagne le retour de l'enfant au sein de sa famille en apportant selon les besoins une aide sociale, matérielle et un suivi psychologique.

L'enfant est accueilli au sein d'une famille contre rémunération. Cette solution se rapproche le plus de la vie familiale mais reste très coûteuse et est par nature temporaire.

La fermeture d'un centre s'accompagne le plus souvent de la création de maisons de type familial pour les enfants qui ne peuvent ni être réintégrés dans leurs familles, ni placés en familles d'accueil. Ces petits centres résidentiels peuvent accueillir une douzaine d'enfants, encadrés par du personnel compétent. Les enfants restent placés en institution, mais la qualité de vie des enfants est nettement améliorée par rapport au centre de placement.

Carte des centres fermés et en fermeture

Depuis 1996, SERA a conduit la fermeture de 74 centres de placement, dont deux centres pour adultes, dans tout le pays. Ces fermetures ont bénéficié directement à 6023 enfants et 520 adultes.

Un exemple de réalisation : La fermeture du centre de placement d'Onesti

Onesti est une bourgade de 50.000 habitants dans le département de Bacau, à l'est de la Roumanie.

En 2009, le centre de placement d'Onesti, situé dans les anciens locaux d'un leagan (pouponnière), hébergeait 107 enfants en situation de handicap. La majorité d'entre eux étaient des adolescents.

A la fin des années 1990, le centre avaitbénéficié d'investissements importants de SERA pour humaniser les conditions de vie des pensionnaires. Mais 10 plus tard, le centre était dans un état de délabrement avancé et n'était plus adapté aux besoins des enfants. Faute de ressources, les équipements installés par SERA n'avait pas été entretenus. « Par exemple, en 1999, SERA avait équipé des salles de bains de lavabos fixés à 50 centimètres du sol pour les enfants âgés de trois à cinq ans. En 2009, les enfants ont dix ans de plus mais les lavabos sont restés à la même hauteur, » constatait François de Combret lors d'une visite terrain en 2009.

L'encadrement et la stimulation des enfants faisaient défaut et le personnel était insuffisant en nombre et en compétences. Le centre était surpeuplé, et comptait notamment des pensionnaires majeurs qui continuaient d'y habiter, faute de place dans les centres pour adultes.

Malgré cette pénurie de moyens, la directrice du centre faisait preuve d'un dynamise exceptionnel et s'employait à rendre la vie des pensionnaires la moins pénible possible.

En 2009, face à la vétusté des locaux et à la surcapacité du centre il a été décidé de le fermer définitivement.

Entre 2010 et 2011, l'équipe de SERA a œuvré à trouver une solution d'accueil adaptée aux enfants du centre d'Onesti :

- 10 enfants ont été réintégrés dans leurs familles biologiques

- 27 jeunes adultes ont été transférés dans des centres pour adultes adaptés

- les 67 enfants restants ont été installés dans 5 maisons de type familial dont la construction a été financée par SERA ROMANIA, l'association britannique Hope & Homes et les autorités locales.

SERA a également financé la création d'un centre thérapeutique dans la ville d'Onesti qui offre des soins adaptés (kinésithérapie, orthophonie, psychologie) aux enfants en situation de handicap.

Depuis 2011, la gestion et le financement des maisons de type familial et du centre thérapeutique ont été repris par les autorités locales.

Un projet en cours : le centre de placement de Dacia

Le centre de placement de Dacia.

Le centre de placement de Dacia est situé dans un petit village saxe du département de Brasov, au centre du pays.

Ouvert en 2003, le centre héberge 38 garçons âgés de 4 à 15 ans. Ces enfants ne sont pas en situation de handicap et sont scolarisés et bien intégrés dans le village. Ils ont de bons liens avec les enfants et les familles de la communauté et contrairement à de nombreux enfants institutionnalisés, ils ne sont pas marginalisés.

Malgré la bonne volonté du directeur du centre, les conditions de vie des jeunes pensionnaires du centre sont difficiles : le centre est en surcapacité, la capacité d'accueil maximale de 25 enfants est largement dépassée; et le personnel est insuffisant pour s'occuper et encadrer les enfants.

Plus de 70% des jeunes garçons sont en contact avec leur famille biologique. Avec une aide matérielle (matériaux de construction pour une pièce supplémentaire, des fournitures scolaires ou animal de trait par exemple), la plupart des familles pourrait réintégrer leur enfant en leur sein.

Le travail de réintégration a déjà commencé : en 2011 et 2012, 18 enfants ont pu réintégrer leur famille biologique grâce au travail de l'énergique directeur. L'objectif aujourd'hui est de fermer le centre de Dacia en réintégrant le maximum d'enfants possible et en construisant une maison de type familial pour les enfants restants.