La tendance à la multiplication des système d’évaluation des ONG n’est pas nouvelle (de nombreux systèmes existent dans le monde anglo-axon). Pour la troisième année consécutive La fondation Prométhéus s’y essaie et publie pour la France son « baromètre de la transparence des ONGs »

CARE France arrive cette année en tête de ce baromètre et s’est vu décerner un prix, que nous avons accepté (l’exercice en soi a sa légitimité) tout en pointant ses limites, qui nous semblent être les suivantes :

1. Les entreprises qui soutiennent le projet Prométhéus (Dassault Aviation, EADS, Sagem défense Sécurité, Thalès…) ne nous paraissent pas être à l’avant-garde de la pratique en matière de responsabilité sociale ni de transparence. La transparence des associations est un sujet important et on aurait pu rêver un panel plus exemplaire pour porter cette démarche.

2. La méthodologie employée : pour obtenir la note de 10/10 il suffit de mettre en ligne quelques documents de base (budget, statuts etc.) Un score parfait ne garantit donc en aucun cas une transparence parfaite des ONG lauréates, et pourrait à la limite refléter simplement la prise en compte du baromètre (ainsi a-t-on vu des associations notées passer de 1/10 à 10/10 en un an). Un travail sérieux sur la transparence des associations ne s’arrête heureusement pas à une évaluation aussi superficielle.

3. Les ONGs n’ont pas attendu le baromètre Prométhéus pour travailler sur le thème de la transparence et contrairement aux dires de la Fondation, « les contrôles et réglementation » qui régissent le secteur associatif sont nombreux, en particulier pour les associations qui font appel à la générosité du public : certification annuelle des comptes par le Commissaire aux comptes, contrôle du Comité de la Charte sur les dépenses de collecte de fonds, normalisation des présentations budgétaires, audits réguliers des bailleurs institutionnels (notamment européens), contrôles de la Cour des Comptes... la liste est longue!