CARE présente dans son webdocumentaire Femmes Lumières un modèle efficace de lutte contre la pauvreté

Kate Holt

Du développement économique à l'empowerment

Les femmes représentent 70% des personnes vivant dans la pauvreté. Une situation particulièrement marquée dans les zones rurales. Le manque d'accès aux services socio-économiques pour celles-ci réduit de façon significative les opportunités auxquelles elles ont accès, ainsi que le contrôle dont elles jouissent sur les biens de production. En 1991, CARE, au Niger, développe une approche innovante de microfinance pour améliorer la sécurité économique des femmes par l'accès aux ressources techniques et financières : Les Associations Villageoises d'Epargne et de Crédit (AVEC).

Cette approche a connu un succès sans précédent et a permis à de nombreuses femmes d'améliorer leurs conditions de vie. Preuve de son efficacité, ce système a été répliqué par CARE (et parfois même spontanément au sein des communautés) dans 37 pays et compte aujourd'hui plus de 3,7 millions de membres.

Constitués à 80% par des femmes et entièrement autogérés, ces groupements s'appuient sur une approche participative. Les membres du groupement se réunissent régulièrement et décident ensemble du montant de cotisation au fonds d'épargne et de son fonctionnement (taux d'intérêt, prêts accordés, montant des amendes...). Les crédits octroyés auprès du fonds permettent aux bénéficiaires de subvenir à leurs besoins immédiats mais aussi d'investir sur du long terme dans des activités génératrices de revenus.

Les membres des AVEC mettent en commun leur épargne. Ils peuvent se faire des prêts de faibles montants. Le montant moyen d'un prêt est de 100$. L'emprunteur type est une femme pauvre, vivant en zone rurale, menant une ou plusieurs petites activités génératrices de revenus. Dans un souci permanent de responsabilisation, les personnes doivent préalablement épargner 10% de la somme qu'elles souhaitent emprunter. Les taux de remboursement avoisinent les 100%.

Mais, au-delà de l'approche économique, ces groupements cherchent également à modifier les normes sociales, les coutumes et les relations de pouvoir entre hommes et femmes.

En effet, une réduction de la pauvreté chez les femmes ne sera possible que dans la mesure où elles seront pleinement intégrées au niveau économique mais aussi social et politique. Ceci nécessite un changement profond au niveau des structures et des normes sociales. Les AVECs, appuyées par les programmes de CARE, ont alors développé une composante sociale via des activités « politiques » et d'empowerment (actions de plaidoyer pour l'éducation, développement du leadership des femmes pour prendre part aux instances de décisions, campagnes de sensibilisation sur les violences faites aux femmes...).

Le succès de ces groupements s'explique à la fois par le renforcement économique et social qu'ils offrent mais aussi par le réseau de solidarité qui se créé entre les femmes. Enfin la simplicité de cette méthodologie lui permet d'être facilement réplicable.

A la rencontre de ces « Femmes Lumière » : un web documentaire sera lancé le 8 mars prochain

Cyril Le Tourneur d'Ison et Vincent Bonnemazou, deux journalistes indépendants, sont partis à la rencontre de cinq de ces femmes participant à des groupements d'épargne, dans cinq pays différents (Cambodge, Côte d'Ivoire, Haïti, Inde et Madagascar). Ils ont souhaité raconter leur parcours sous la forme d'un web documentaire intitulé « Femmes Lumières ». Organisées en groupes solidaires au sein de leur communauté, elles expriment toutes une même détermination à combattre la pauvreté, refuser la fatalité, trouver des solutions et la volonté de prendre leur destin en main. Pour cela, elles utilisent la micro-finance comme outil de développement.

Ce webdocumentaire sera en ligne à partir du 8 mars 2014, pour la journée des femmes, sur le site TV5 monde, Les Terriennes.

CARE est ravie, grâce à la diffusion de ce web documentaire, de pouvoir témoigner de l'engagement de ces femmes et de présenter un modèle efficace pour les aider à sortir de la pauvreté et à gagner le respect et la confiance des acteurs communautaires.

Teaser du webdocumentaire Femmes Lumières

Des partenaires financiers : merci à Bénédicte Gueugnier et à la Cartier Charitable Foundation

Outre le partenariat avec TV5Monde, ce projet a reçu le soutien financier de l'Agence Française pour le Développement et de deux fondations.

Tournage, interviews, montage, développement de la plateforme internet, c'est un travail sur le long terme qu'ont également choisi de soutenir Bénédicte Gueugnier, Directrice de la Fondation Financière de l'Echiquier et membre du Cercle Femmes de CARE, et la Cartier Charitable Foundation.

Un grand merci à eux!!!