RDC : la double peine des femmes, victimes de viols

RDC : la double peine des femmes, victimes de viols

En République Démocratique du Congo (RDC), le viol est un véritable fléau. Les violences sexuelles ont fait plus de 500 000 victimes entre 1996 et les années 2010, selon l’ONU. Des femmes, des petites filles et depuis peu des bébés sont également victimes de viols, utilisés comme arme de guerre. Dans certains endroits, des viols de masse sont perpétrés par les groupes armés. C’est dire l’ampleur et l’urgence de la situation. 

Malheureusement, l’horreur ne s’arrête pas là. Peu de victimes ont accès à des soins médicaux et psychosociaux, et quasiment aucune n’obtient justice et des réparations financières. Pire après avoir été violées, elles sont souvent marginalisées par leur communauté. Ces femmes sont souvent laissées à elles-mêmes, sans le moindre soutien financier. Celles qui sont mariées doivent payer une compensation à leur belle-famille pour « réparer leur faute » et éviter d’être rejetées. 

© Carey Wagner pour l’ONG CARE

RDC : la double peine des femmes, victimes de viols

« Je me rendais au marché où je vendais des fruits. J’ai voulu prendre un raccourci… Trois hommes armés m’ont agressée. Ils m’ont violée… » 

Se rendre au marché, ramasser du bois… Tout déplacement représente un risque pour les femmes en RDC. Depuis son viol, Margaret n’ose plus se rendre au marché. Aujourd’hui, outre les séquelles physiques et le traumatisme de son viol, elle a perdu sa source de revenue et n’a plus de quoi nourrir ses enfants.

© Carey Wagner pour l’ONG CARE

RDC : la double peine des femmes, victimes de viols

« J’ai été battue et violée par cinq hommes armés en rentrant chez moi. Mon mari sait que j’ai été forcée, que je n’y suis pour rien, mais les gens parlent… Sa famille a réclamé une compensation. J’ai donné une chèvre pour réparer mon viol. » 

Aujourd’hui, Grace n’ose plus sortir de chez elle.

© Carey Wagner pour l’ONG CARE

RDC : la double peine des femmes, victimes de viols

« Il y avait du sang. Ça a coulé pendant trois jours. » 

Henriette, 19 ans, a été attaquée par un homme armé sur le chemin du marché. Il l’a violemment frappée. Il lui était impossible de rejoindre la clinique de son village à cause des combats. Son père l’a portée sur son dos jusqu’à la ville voisine, à plus de 15 kilomètres, afin qu’elle puisse être prise en charge.

L’accès aux soins est une véritable problématique pour les femmes en RDC. Outre la peur et le sentiment de honte ressentis par les victimes, le personnel médical a besoin de formations spécifiques afin de pouvoir soigner les survivantes de violences sexuelles.

© Carey Wagner pour l’ONG CARE

RDC : la double peine des femmes, victimes de viols

« J’ai donné un peu de farine de maïs, trois poulets et une bouteille d’huile de palme. Maintenant que j’ai payé la compensation, ma famille m’accepte de nouveau. »

Après avoir été violée par des hommes armés, le mari de Evette lui a demandé de quitter la maison. Elle n’a pu rejoindre son domicile qu’après avoir versé une compensation à sa belle-famille.

© Carey Wagner pour l’ONG CARE

RDC : la double peine des femmes, victimes de viols

« Depuis mon viol, j’ai toujours froid. Même maintenant. » 

Amélie a 21 ans. Dans la région du Kasaï, frappée par de violents affrontements depuis 2016, CARE a mené une évaluation pour rendre compte de l’ampleur des violences sexuelles : 100% des personnes interrogées ont signalé des cas de viols au sein de leur entourage et de leur communauté.

© Carey Wagner pour l’ONG CARE

RDC : la double peine des femmes, victimes de viols

« La famille de mon mari a demandé une chèvre et deux poulets. » 

Lila a été violée par un homme armé. Dans l’incapacité de payer la compensation exigée par la famille de son mari, elle vit désormais avec sa sœur.

© Carey Wagner pour l’ONG CARE

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« Si c’était moi qui avais le droit à une compensation, je demanderais de l’argent pour pouvoir acheter des vêtements à mes enfants. Je n’ai pas de mari. Je n’ai rien. »

Fidele, mère de 7 enfants, a été violée par 15 hommes armés. Les femmes célibataires qui ont été violées sont marginalisées. Il devient presque impossible pour elles de trouver un mari et la stabilité que cela inclus.

© Carey Wagner pour l’ONG CARE

RDC : la double peine des femmes, victimes de viols

*Les noms ont été modifiés pour protéger la dignité et vie privée de ces femmes. 

En RDC, CARE soutient les survivantes de violences sexuelles, en formant du personnel médical et en apportant un soutien psychosocial. CARE aide également les populations victimes des violents conflits dans les régions du Sud et Nord Kivu ainsi que du Kasaï : aide d’urgence, accès à l’eau et assainissement, renforcement de la sécurité alimentaire, accès aux soins de santé. 

© Carey Wagner pour l’ONG CARE