Venezuela. Sur la route de l'exil.

Venezuela. Sur la route de l'exil.

Depuis plusieurs années, le Venezuela traverse une grave crise économique.

Face à une augmentation des prix sans précèdent, et à la difficulté de trouver de la nourriture dans des supermarché de plus en plus vides on commence à voir à partir de 2016 des manifestations pour réclamer de la nourriture.

En juillet 2016, ce sont des milliers de Vénézuéliens qui forcent la frontière pour se ravitailler de l’autre côté, en Colombie.

Depuis, la situation n’a eu de cesse de se détériorer. La nourriture reste le principal problème et la plupart des personnes n’ont mangé qu’un seul repas par jour depuis plusieurs années.

C’est l’effondrement de tout un pays. 

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

Venezuela. Sur la route de l'exil.

L'inflation dans le pays a atteint 300 000 % !! L'argent n'a plus aucune valeur et cette crise économique s'est transformée en véritable crise humanitaire. 

Jesus, 29, travaille à Quito, en Equateur, pour envoyer de l'argent à sa famille. Il distribue des bolivares, la monnaie du Venezuela, gratuitement avec les sucettes qu'il vend :

"Prenez ce que vous voulez, ça n'a aucune valeur de toute façon !"

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

Venezuela. Sur la route de l'exil.

Le prix de la nourriture a augmenté de 2616% et les supermarchés sont désespérément vides. 

On estime qu'au Venezuela, 72% des enfants sont en situation de malnutrition. 

"Sur une classe de 60 enfants, j'en ai vu 30 mourir l'an dernier." nous raconte une institutrice qui a fini par fuir le pays. 

"Les écoles sont vides car il n'y a plus de professeurs, mais aussi car il n'y a plus d'enfants."

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

Venezuela. Sur la route de l'exil.

Ce manque de nourriture a de lourdes conséquences sur la santé. Affaiblis, les gens sont plus vulnérables aux maladies et un simple rhume peut causer la mort. 

John Hydro Fernandez a 21 ans. Cela fait trois ans qu'il n'a pas pu manger à sa faim, c'est pourquoi il a décidé de fuir le Venezuela. 

Comme des centaines de réfugiés, il vit maintenant dans un campement de fortune à Bogotá, en Colombie, près de la gare routière. 

Cela fait 5 jours que John souffre de fièvre, il pleure de douleur mais il n'a pas les moyens de consulter un médecin.

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

Venezuela. Sur la route de l'exil.

Pour fuir cette situation dramatique, des milliers de personnes quittent chaque jour le pays. Ils partent, transportant le peu qu'il leur reste dans des valises avec l'espoir d'une vie meilleure ailleurs. 

Environ 2,6 millions de personnes ont déjà quitté le pays pour trouver refuge dans les pays voisins.

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

Venezuela. Sur la route de l'exil.

Au début de la crise, on voyait surtout de jeunes hommes quitter le pays pour trouver un travail et envoyer de l'argent à leur famille, à l'image de Devis que nous avons rencontré à la frontière entre la Colombie et l'Equateur. Cela fait maintenant 4 mois qu'il est parti de chez lui. 


« J'ai une formation de soudeur. J'espère que je pourrais retrouver rapidement du travail ici. » 

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

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La situation devenant de plus en plus difficile au Venezuela, on voit maintenant des familles entières sur les routes :

La famille Diaz vient d'arriver à Pintulac, en Equateur, après plusieurs jours de voyage. 


« On ne pouvait pas se résigner à donner à manger des détritus trouvés dans les poubelles à nos enfants, c'est pourquoi nous avons décidé de quitter le pays. Nous avons tout vendu pour pouvoir faire le trajet, maintenant nous voulons trouver du travail pour pouvoir louer un appartement. » expliquent Ruth et son mari Hender.

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

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Anglady était avocate au Venezuela, elle aussi a décidé de quitter le pays avec sa famille. 

Nous l'avons rencontré à la frontière entre la Colombie et l'Equateur, elle se promenait avec son enfant de 7 mois dans les bras, essayant de l'endormir malgré le froid glacial.

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

Venezuela. Sur la route de l'exil.

Nazereth Piloira, 27 ans, a fui aussi avec ses deux fils. Réfugiés à Quito en Equateur, ils attendent une distribution de nourriture.

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

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Après avoir vendu tous leurs biens, les réfugiés venezueliens n'ont plus rien. 

Certaines femmes vont jusqu’à vendre leurs cheveux, qui serviront à fabriquer des perruques, afin de récolter un peu d’argent. Mais c’est bien souvent insuffisant ne serait-ce que pour payer le bus.

La plupart font le voyage à pied, des milliers de kilomètres pour rejoindre la Colombie, l’Equateur ou le Pérou.

Bien souvent, ils sont contraint de dormir dehors.

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

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A Bogota, en Colombie, les réfugiés se sont réunis dans un grand camps de fortune à coté de la gare routière. 

Ils vivent dehors, dans des tentes, des abris bricolés avec des bâches.

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

Venezuela. Sur la route de l'exil.

"Cher voisins d'Equateur, je suis Venezueliene et à la recherche d'un emploi pour pouvoir nourrir mes trois enfants. S'il vous plait aidez moi comme vous le pouvez." 

Comme de nombreux Venezueliens en exil, Katiuska, 30 ans, est contrainte de mendier pour survivre.

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

Venezuela. Sur la route de l'exil.

Face à cet afflux de 2,6 millions de personnes, les pays voisins ont durci les procédures aux frontières. Ils demandent désormais la présentation d’un passeport, or obtenir un passeport au Venezuela est quasi impossible. 

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

Venezuela. Sur la route de l'exil.

Sans passeport, la plupart des Vénézuéliens sont donc contraints de continuer leur voyage illégalement. Ils deviennent alors une cible pour les réseaux de trafics. 

Des femmes, des jeunes hommes et des enfants sont en proie aux violences et aux abus sexuels. Beaucoup sont pris au piège des réseaux de prostitution : sur cette photo, en pleine journée et à la vue de tous, des jeunes femmes réfugiées se prostituent.

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE

Venezuela. Sur la route de l'exil.

La situation ne cesse de s'aggraver et il est fort probable que cela empire rapidement dans les mois à venir. On estime que seulement 5% des réfugiés reçoivent actuellement une aide humanitaire. 

CARE, en partenariat avec des organisations locales, travaille en Equateur, en Colombie et au Venezuela auprès des réfugiés. Nos équipes distribuent des kits d’urgences comprenant notamment des couvertures, du savon, des produits d’hygiène féminine et des produits pour bébé. Nous apportons une attention toute particulère aux femmes et aux filles. 

© Paddy Dowling pour l’ONG CARE