Je fais un don

Newsletter

COP23. Réaction des ONG françaises au discours d’Emmanuel Macron

À Bonn, lors de la
COP23, Emmanuel Macron s’est exprimé pour la première fois à la tribune de la
conférence de l’ONU sur le climat. Le déplacement du Président de la
République, deux ans après l’adoption de l’accord de Paris, est un signal
politique positif adressé à la communauté internationale. Mais Emmanuel Macron
s’est contenté de prononcer de belles paroles et de recycler d’anciennes
annonces, pourtant insuffisantes. Aujourd’hui, le climat n’attend plus : face à
l’urgence d’agir, la France ne pourra pas se contenter d’une politique de
petits pas.

Lucile Dufour, responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat

« A la COP du
Pacifique, le Président la République a rappelé l’urgence de rectifier le tir
pour éviter un réchauffement catastrophique de plus de 3°C. Mais le discours
d’Emmanuel Macron est une nouvelle occasion manquée : si la France veut être
crédible sur la scène internationale, elle doit accélérer dès à présent sa
transition vers les énergies renouvelables, sans la paralyser au bénéfice de
fausses solutions comme le nucléaire.
Avant le sommet du 12 décembre, la France
doit donner des gages concrets pour augmenter ses soutiens financiers pour
l’adaptation des populations les plus vulnérables et enfin concrétiser ses
grands discours. »

Armelle Le Comte, responsable du plaidoyer climat à Oxfam France

« Le leadership
climatique passe par des actions concrètes, et pas par de simples discours
aussi lyriques soient-ils. Malheureusement, Emmanuel Macron est venu les poches
vides à la COP23 et n’a fait aucune nouvelle annonce financière pour les pays
les plus pauvres, qui sont pourtant en première ligne du changement climatique.
Le sommet climat du 12 décembre à Paris doit être l’occasion de rectifier le
tir en annonçant un doublement des financements français pour l’adaptation,
afin d’atteindre 2,4 milliards d’euros d’ici 2022, et en adoptant enfin la taxe
européenne sur les transactions financières.
De telles mesures concrètes
enverraient un signal fort aux communautés les plus vulnérables. »

Fanny Petitbon, responsable plaidoyer de CARE France

« Cette après midi
encore Emmanuel Macron a répété la nécessité de lutter contre l’injustice
climatique. Mais pour l’instant, la France reste aux abonnés absents à la fois
sur la solidarité internationale et même nationale. La récente décision du
gouvernement de supprimer du budget national les 20 millions d’euros du fonds
vert destiné à aider les collectivités françaises du Pacifique à lutter contre
les effets du réchauffement climatique, a envoyé un très mauvais signal.
Réintroduit in extremis la semaine dernière par les député-e-s, le fonds vert
français est encore sur la sellette. Le gouvernement français devrait tirer les
leçons de la catastrophe qui a récemment touché de plein fouet les îles des
Caraïbes dont Saint Martin. »

Maxime Combes, économiste et membre d'Attac France

« Emmanuel Macron a
franchi le seuil maximal autorisé d’hypocrisie climatique, cherchant à
dissimuler ses multiples renoncements : de la validation du CETA qui n’est pas
climato-compatible au sabordage de la taxe sur le transactions financières,
source de financements pour le climat, Macron, sans un mot sur l’évasion
fiscale qui soustrait des milliards aux pouvoirs publics, a prouvé que sa seule
obsession est de ne surtout pas toucher aux fondements de cette formidable
machine à réchauffer la planète qu’est notre insoutenable système économique.
A
l’alerte scientifiques aurait dû succéder un sursaut politique. Raté : le
BusinesAsUsual l’emporte encore sur MakeThePlanetGreatAgain. »

Nicolas Haeringer, porte-parole de 350.org France

« Emmanuel Macron a
tenté d’incarner le rôle du leader mondial en matière climatique, expliquant
n’avoir qu’une obsession – l’action – et qu’un horizon – maintenant. En
l’absence de décisions fortes, le costume reste pourtant trop grand pour lui. A quelques semaines du
sommet du 12 décembre, il a une opportunité unique de conjuguer l’action au
présent : annoncer que la France n’accordera pas un euro de plus aux énergies
du passé, afin d’investir dans la transition vers un future 100% renouvelable
pour tous.
 »

Sarah Fayolle, chargée de campagne climat à Greenpeace France

« Le discours d’Emmanuel Macron à la COP 23 semble avoir été dicté par
les industriels du nucléaire. Si la France est en retard sur sa transition
énergétique, c’est justement parce qu’elle entretient une dépendance extrême au
nucléaire, qui empêche le déploiement des énergies renouvelables sur le marché
de l’électricité. 
En résumé, Emmanuel Macron vient de se livrer à une instrumentalisation de la
tribune climatique pour défendre les intérêts du nucléaire. S’il y a un fétiche irréaliste à abandonner, c’est bien celui qui consiste à
croire que le nucléaire doit être préservé à tout prix au nom de la lutte contre
les dérèglements climatiques. »

Célia Gautier, responsable Energie-Climat à la Fondation pour la Nature et l’Homme

« Emmanuel Macron a
voulu montrer une direction et faire preuvre d’une volonté diplomatique. Mais, comme souvent, le
diable est dans les détails. Le Président n’a pas fait d’annonce nouvelle pour
accélérer la transition écologique de la France. Espérons qu’elles soient
gardées pour le sommet du 12 décembre à Paris sur le financement du climat. Nous saluons sa volonté que l’UE se
substitue aux Etats-Unis pour financer les travaux du GIEC, et le lien explicite
que le Président a effectué entre régime climatique et les politiques
commerciales. Mais un très long chemin reste à parcourir afin que la logique de
la politique commerciale internationale soit renversée pour être subordonnée au
droit de l’environnement. Enfin, au-delà des discours, nous attendons toujours
un plan concret et conjoint de la part de Mme Merkel et de M. Macron pour
booster les énergies renouvelables et sortir des énergies du passé que sont le
nucléaire et les énergies fossiles.
 »

Anne-Laure Sablé, chargée de plaidoyer Souveraineté alimentaire et Climat au CCFD-Terre Solidaire

« Face à l’aggravation de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire
causée par les dérèglements climatiques, Emmanuel Macron déclare vouloir
répondre par l’action. Le CCFD-Terre Solidaire rappelle que cette action ne
peut être engagée à n’importe quel prix. Seule une transition agricole
socialement juste et respectueuse des ressources permettra de lutter contre
l’insécurité alimentaire grandissante.
Et cette transition est incompatible
avec des initiatives “climaticides”, comme l’Alliance globale pour une
agriculture intelligente face au climat (GACSA) dont la France fait toujours
partie. Nous serons particulièrement attentifs, lors du sommet du 12 décembre à
Paris, à ce que de fausses solutions de ce type ne soient pas promues. »

Emma Jagu, observatrice climat du REFEDD

« Investir dans
l’avenir de la jeunesse et des générations futures c’est avant tout désinvestir
des énergies fossiles et s’assurer que notre mix énergétique soit cohérent avec
les objectifs de l’accord de Paris. Le discours d’Emmanuel Macron aujourd’hui
était une tentative de séduire la scène internationale, mais ne reflète pas la
politique énergétique actuelle de la France. Nous attendons des mesures
concrètes pour la transition vers une économie décarbonée.
 »

Contacts à Bonn :

  • Simon
    Coquillaud, Responsable communication au Réseau Action Climat : +33 6 66
    28 95 06
  • Fanny
    Petitbon, Responsable plaidoyer, CARE France, +33 6 19 12 21 46
  • Anne-Laure
    Sablé, chargée de plaidoyer Souveraineté alimentaire et Climat, CCFD-Terre
    Solidaire : +33 7 60 02 19 65
  • Célia
    Gautier, Responsable Energie Climat à la Fondation pour la Nature et
    l’Homme, +33 6 72 34 00 27
  • Maxime
    Combes, économiste et membre d’Attac France, +33 6 24 51 29 44

RESTEZ
INFORMÉ.E

Décryptage de l’actualité, portraits inspirants : recevez notre newsletter mensuelle !