05 juin 2002

En préalable au développement durable, il est nécessaire d'envisager ensemble protection de l'environnement et diminution de la pauvreté.  

L’éradication de la pauvreté est le premier objectif de l’ensemble des programmes de CARE. Avec d’autres, CARE s’est engagée à diviser par deux le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (c’est-à-dire avec moins d’un euro par jour) d’ici 2015. Pour y parvenir, il apparaît indispensable de modifier le cap des politiques de développement. 10 ans après la Conférence de Rio, la pauvreté a augmenté, l’aide publique au développement est en baisse et les atteintes à l’environnement s’aggravent. Consultez le dossier (fichier au format .pdf)

La création de richesses depuis les années 1980 s’est accompagnée d’un accroissement des écarts entre pays riches et pays pauvres. Les petits producteurs, particulièrement les paysans du Sud, sont désavantagés dans la nouvelle compétition économique et se trouvent marginalisés dans la prise de décision. Ils sont en train de perdre le modeste contrôle qu’ils avaient sur leurs terres, l’accès aux forêts, à l’eau, sur lesquels des sociétés nationales ou internationales ont étendu leurs droits.

De nombreux produits agricoles ou issus de l’extraction de ressources naturelles de pays du Sud sont échangés sur des marchés internationaux qui en fixent les prix. Ces prix ne permettent pas la juste rétribution des producteurs ni la préservation des ressources. Conséquences : des baisses de revenu et une dégradation des conditions de vie dans les pays pauvres, un accroissement des pressions sur les ressources naturelles et un désastre écologique annoncé. L’échec social, lié au système économique ultra libéral, se double d’un péril environnemental. Nous aurons tous à en assumer le coût à long terme.

Ne pas prendre en compte l’environnement, c’est permettre à la pauvreté de se développer. Des approches qui dissocient ces deux composantes ont affaibli l’efficacité des initiatives menées par les sociétés civiles et leur capacité à influencer des solutions et moyens de développement imposés par le marché, les gouvernements et les institutions internationales.

Le challenge se présente désormais sous un double visage : stopper la dégradation de l’environnement et réduire la pauvreté d’une partie importante de l’humanité.

Il est impératif d’accorder aux droits sociaux et environnementaux une importance équivalente à celle des critères économiques et financiers : ce principe est à la base du développement solidaire et durable.