20 janvier 2015

Centrafrique : fuir les violences et se reconstruire au Cameroun

Près de 135 000 Centrafricains ont trouvé refuge au Cameroun depuis janvier 2014, fuyant les combats et les massacres dans leur pays. Beaucoup souffrent de traumatismes liés aux violences dont ils ont été témoins. Nos équipes ont rencontrés Emma et sa fille Akila, réfugiées dans le site de Timangolo où travaillent les équipes de CARE. Un récit de Pauline Hédé, du pôle urgences de CARE France.

CARE / Pauline Hédé

Une famille détruite par le conflit centrafricain

Emma et sa fille Akila vivaient modestement de cultures d'arachide et de manioc en Centrafrique, jusqu'au retentissement de coups de feu en pleine nuit. Emma décide alors de fuir avec ses enfants et ses trois petits-enfants, dont ceux de sa seconde fille qui a été tuée dans les violences.

« Notre fuite a duré 3 mois et 20 jours. On se cachait continuellement. On marchait nuit et jour. On était épuisés physiquement et moralement », raconte Emma.

Au cours de leur voyage, les deux frères d'Akila vont être tués sous leurs yeux.

« Nos pieds nus étaient brûlés de douleur. On avait mal au ventre et souffrait de diarrhée parce qu'on ne buvait que de l'eau de rivière. Nous n'avions quasiment plus de vêtements lorsqu'on a traversé la frontière camerounaise. »

Une fois sur le site de réfugiés, il faut faire faire face au quotidien

A leur arrivée dans le site de réfugiés de Timangolo, Akila s'occupe de quasiment tout.

« Ma mère Emma, n'avait que la peau sur les os. Elle était à bout de force. Et les enfants pleuraient tout le temps à cause de la fatigue et du manque de nourriture », se souvient Akila.

Malgré son état physique, Emma ramasse du bois chaque jour. Elle le transporte sur sa tête sur plusieurs kilomètres pour le revendre et pouvoir acheter un peu de nourriture complémentaire et du savon.

Améliorer les conditions sanitaires et l'accès à l'eau

Emma s'occupe également d'aller chercher de l'eau. Les équipes de CARE ont aménagé un puits à proximité de son abri, lui donnant accès à de l'eau potable en quantité et qualité suffisante. Une latrine et une douche familiales ont également été aménagées ainsi qu'une aire de lavage. Ces infrastructures protègent la santé des réfugiés, leur épargnent de longs déplacements et leur accordent plus d'intimité.

« Ici CARE fait tout, les brigadiers d'hygiènes balayent toutes les routes et grâce à CARE je n'ai plus mal à ventre », remercie Akila, à qui nos équipes ont montré comment préserver une eau de bonne qualité grâce à l'entretien des récipients utilisés pour la transporter et la consommer.

« Aujourd'hui, les trois enfants ont pu retourner à l'école », se réjouit Akila.

Aider à surmonter les traumatismes

Afin de surmonter le traumatisme dû aux atrocités dont cette famille a été témoin, les équipes de CARE lui apportent un soutien psychosocial et un suivi particulier.

L'amélioration de l'état psychosocial d'Akila devrait lui permettre d'intégrer bientôt une équipe de volontaires qui s'occupent du site. Cela lui permettra de toucher un revenu pour améliorer le quotidien de sa famille.

L'action de CARE

Les équipes de CARE soutiennent les réfugiés centrafricains qui s'élèvent à près de 80 000 personnes dans l'Est du Cameroun. CARE mène des actions d'accès à l'eau et à l'assainissement ainsi que des programmes de soutien psychosocial. CARE soutient également les populations camerounaises dont les ressources limitées sont confrontées à une pression supplémentaire.