22 mai 2015

Népal : « Les maisons sont devenues des pièges mortels »

Les séismes des 25 avril et 12 mai derniers ont dévasté le Népal. 750 000 maisons ont été détruites. Amelia Rule, experte en abris pour l'ONG CARE, a rejoint nos équipes locales dans le district de Gorkha, proche de l'épicentre du premier séisme. Elle explique la situation sur place et le travail de reconstruction mené par CARE.

L'association humanitaire CARE vient en aide aux victimes du séisme au Népal
8 millions de personnes a été affectés par les séismes au Népal et 750 000 maisons ont été détruites ou endommagées. © CARE

Quelles sont les conditions de vie des Népalais, un mois après le premier séisme ?

La plupart des Népalais vivent toujours dehors. Des centaines de milliers de familles ont perdu leur maison, détruite ou endommagée par les séismes. Le gouvernement népalais et les organisations humanitaires, telles que CARE, distribuent du matériel et des bâches pour que les populations puissent se protéger des intempéries.

Certaines familles ont déjà commencé à reconstruire leur maison en récupérant des matériaux dans les bâtiments détruits. Les Népalais sont un modèle de résilience. Mais beaucoup n'ont pas les moyens, les outils ou les connaissances nécessaires pour reconstruire une maison qui puisse résister à de prochaines secousses.

Quel est l'état d'esprit des Népalais ?

Encore aujourd'hui, on ressent de fortes répliques. Les gens ont peur. Ils craignent un prochain tremblement de terre.

J'ai rencontré des familles qui ne voulaient pas reconstruire leur maison au même emplacement, traumatisées par ce qu'elles ont vécu. Même les Népalais, dont les maisons n'ont pas été détruites, ont peur de rentrer chez eux. Seuls des experts peuvent faire la différence entre des dommages superficiels et des dégâts compromettant la structure d'une maison.

Plus de 8 600 personnes ont été tuées par les séismes et 17 800 ont été blessées, notamment par l'effondrement des bâtiments. Les maisons, qui sont normalement des lieux sûrs où les familles se retrouvent, sont devenues des pièges mortels. Les traumatismes psychologiques sont aussi importants que les dégâts matériels. Il est essentiel de rassurer les Népalais en leur permettant de reconstruire leur maison de manière plus sure.

L'association humanitaire CARE vient en aide aux victimes du séisme au Népal
Sansara, 22 ans, vit sous cette tente avec sa famille de 11 personnes dans deux enfants de 7 mois et 2 ans. Elle et sa fille ont été blessées par l'effondrement de la maison lors du séisme : "Nous avons peur. Les enfants pleurent tous les soirs. Nous voulons reconstruire notre maison avant la mousson." CARE leur a apporté une aide d'urgence. © CARE

Comment CARE participe à la reconstruction ?

Dans les jours qui ont suivi le premier séisme, CARE a distribué des bâches et des kits abris dans les endroits les plus affectés. Dans quelques semaines, la saison des pluies va commencer. Nous allons distribuer des matériaux de construction plus étanches comme des tôles ondulées qui serviront de toit et permettront de protéger les populations des fortes pluies qui s'annoncent. Les Népalais utilisent traditionnellement des tuiles pour les toitures mais suite aux séismes, ils préfèrent désormais des matériaux plus légers et moins dangereux.

Ce n'est qu'une solution temporaire et nous devons apporter des réponses de long terme. Nous allons fournir une aide technique pour aider à la reconstruction. C'est aussi primordial que les populations sachent comment démolir de façon sécurisée les bâtiments endommagés et quels matériaux peuvent être réutilisés. Après un désastre d'une telle ampleur, les Népalais veulent savoir comment reconstruire leur maison de façon plus solide et plus résistante.

Quelles sont les principales difficultés sur le terrain ?

L'acheminement de l'aide est une course contre la montre. Des premières pluies annoncent déjà la mousson, qui risque de commencer plus tôt cette année.

De nombreuses régions parmi les plus affectées sont très difficiles d'accès. Les premières pluies et les risques de glissement de terrain sont des challenges supplémentaires. Nos équipes se déplacent en 4x4, en hélicoptère ou à pied dans les montagnes pour apporter de l'aide aux villages les plus isolés. Nous installons des camps de base en haute montagne. C'est logistiquement très compliqué. L'apport de l'aide prend du temps et coûte cher.

L'association humanitaire CARE vient en aide aux victimes du séisme au Népal
L'accès aux villages les plus isolés reste compliqué, et la situation risque de s'aggraver avec l'arrivée de la saison des pluies et les risques accrus de glissement de terrain. Les équipes CARE se déplacent en voiture, en hélicoptère ou à pied pour apporter de l'aide aux villages les plus isolés. © CARE

Outre la reconstruction, quelles sont les priorités pour les mois à venir ?

Les Népalais n'ont pas seulement perdu leur maison, ils ont aussi perdu leurs moyens de subsistance.

J'ai rencontré une jeune mère, dans le village de Barpak, dont la boutique située au rez-de-chaussée de sa maison a été complètement détruite. Pour nourrir sa famille, elle a dû emprunter de l'argent à ses voisins. Elle avait peu de ressources avant le séisme et aujourd'hui elle se retrouve endettée.

La situation est également compliquée pour beaucoup de petits agriculteurs. Occupés à construire des abris d'urgence pour leur famille, ils n'ont pas assez de temps pour travailler leur champ. CARE va apporter un soutien financier à ces familles.

Soutenez l'action de CARE au Népal

CARE travaille au Népal depuis 1978. Au cours des quatre dernières semaines, CARE a aidé plus de 23 000 personnes en distribuant de la nourriture, des abris d'urgence et des produits d'hygiène. L'ONG CARE intervient dans certains des districts les plus affectés tels que Gorkha, Sindhupalchowk et Dhading.

CARE a lancé un appel à don de 40 millions de dollars (37 millions d'euros) pour apporter une aide d'urgence et de long terme à 100 000 personnes. A ce jour, seuls $12,8 millions ont été collectés.

CONTACTS MEDIAS :
  • Nos équipes au Népal (francophones et anglophones) sont disponibles pour tout commentaire sur l'évolution de la situation. A Katmandou, contactez Lucy Beck : +977 980 870 6759, Sat phone: +88 2165 4208 565, lucy.beck@care.ca
  • Nos équipes à Paris sont également disponibles. Contactez Laury-Anne Bellessa, chargée des relations medias chez CARE France, + 33 (0) 1 53 19 89 92, + 33 (0) 6 24 61 85 37, bellessa@carefrance.org

Suivez le compte twitter de CARE France : @CAREfrance