08 juin 2015

Les négociations internationales sur le climat doivent garantir notre sécurité alimentaire

Le changement climatique menace notre sécurité alimentaire. Pourtant, ce sujet a été peu abordé dans les négociations climatiques. Voici l'analyse d'Aurélie Ceinos et Tonya Rawe, expertes climat pour CARE, qui participent aux négociations de Bonn (1er au 11 juin 2015).

Les victimes de la faim et du changement climatique

Aujourd'hui, 795 millions de personnes souffrent de faim chronique dans le monde. Ce chiffre pourrait augmenter de 600 millions d'ici 2080, en raison du changement climatique.

Parmi les personnes déjà affectées, les petits producteurs des pays en développement souffrent d'un manque d'accès et de contrôle des ressources ainsi que des informations climatiques.

Les inégalités de sexe sont également accrues par le changement climatique. Lorsque les familles manquent de nourriture, les femmes sont les premières à en subir les conséquences. Les femmes des pays en développement sont également confrontées à de nombreuses difficultés d'accès aux ressources (propriété foncière, services bancaires de crédit).

Partage d'expériences

Lors de la première semaine de négociations à Bonn, deux ateliers ont abordé la question de la sécurité alimentaire à travers une perspective pratique.

Les représentants du Gabon et de l'Union Européenne ont mis en avant les difficultés mais aussi l'importance de garantir un accès aux informations climatiques pour les petits producteurs. Le Malawi, la Gambie et l'Argentine ont, quant à eux, souligné l'importance de prendre en considération les dynamiques de genre au sein des petites exploitations agricoles.

Il faut impliquer les communautés les plus vulnérables

Peu de discussions ont rappelé la nécessité d'impliquer les plus vulnérables au processus d'analyse des risques et des vulnérabilités, ainsi que dans la mise en œuvre des systèmes d'alertes précoces.

L'expérience de CARE sur le terrain a pourtant démontré que les approches à base communautaire permettent de déterminer les priorités et besoins des différents groupes sociaux. Les populations les plus vulnérables renforcent ainsi leur compréhension des aléas climatiques, leur capacité d'analyse des risques et d'adaptation aux effets du changement climatique. Cela entretient également les relations entre administrations locales et petits producteurs.

Garantir la sécurité alimentaire de tous

Les négociations sur le prochain accord climatique vont se poursuivre jusqu'en décembre 2015. Afin de combattre de manière effective le changement climatique et la faim, les Etats doivent impérativement prendre en compte les sujets abordés lors des ateliers tels que l'adaptation, les financements ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Les petits producteurs sont la colonne vertébrale de l'économie de nombreux pays en développement. Ils ont besoin d'une aide plus importante afin de pouvoir s'adapter aux impacts du changement climatique. La communauté internationale doit garantir leur droit à l'alimentation et la sécurité alimentaire de tous.

CONTACTS MEDIAS :

CONTACTS A BONN :

  • Aurélie Ceinos, chargée de mission changement climatique pour CARE France, +33 (0)7 61 34 57 16, ceinos@carefrance.org (francophone et anglophone)
  • Sven Harmeling, chargé de plaidoyer spécialisé sur le climat pour CARE International, +49 (0)177 61 36 431, sharmeling@careclimatechange.org (anglophone)
  • Fanny Petitbon, chargée de plaidoyer pour CARE France, +33 (0)6 19 12 21 46, petitbon@carefrance.org (francophone et anglophone). Présente à Bonn du 8 au 12 juin.

CONTACT A PARIS :