17 juin 2015

Réfugiés syriens : une enfance mise entre parenthèses

Le conflit en Syrie a déclenché la plus grande crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale. Découvrez le témoignage de Sara *, 12 ans, qui fait partie du million de réfugiés syriens qui vivent désormais au Liban. CARE apporte une aide financière à sa famille.

Une vie bouleversée par la guerre en Syrie

L'association humanitaire CARE aide les réfugiés syriens.
Sara, à gauche de la photo, à côté de sa mère Halima et de sa grand-mère Amira. La famille a trouvé refuge au Liban il y a un an. ©2015/CARE

Les jeux avec ses cousins, les cours de mathématique : Sara, 12 ans, se souvient de sa vie en Syrie avant que le conflit ne force sept millions de civils à se déplacer et près de quatre millions à fuir dans les pays voisins.

Sara montre une photo d'elle et son frère en Syrie sur leur vélo électrique. Amira, sa grand-mère, ajoute :

« Vous voyez, c'était ça notre vie en Syrie : un vélo électrique. Puis nous avons dû fuir notre maison, nous déplacer en Syrie puis venir ici. Nous avons perdu toute dignité.»

« Tous mes enfants ont été déplacés par la guerre. Quatre sont encore en Syrie », explique Amira.

« Nos familles sont épuisées. »
« Je n'ai plus de nouvelles de mon mari, kidnappé par un groupe armé, notre maison a été détruite, mon frère a été tué lors d'un bombardement aérien », déplore Halima, la mère de Sara.

Les enfants réfugiés syriens privés d'école

L'association humanitaire CARE aide les réfugiés syriens.
Comme Sara, plus d'un million de réfugiés syriens vivent au Liban. ©2015 / CARE

Sara a fui vers le Liban il y a un an avec sa mère, son frère, sa tante, son oncle et sa grand-mère. Ils vivent désormais dans un abri de parpaing, sombre et humide. Depuis sept mois, CARE leur apporte une aide financière mensuelle de 155 euros mais cela ne suffit pas pour payer les frais de scolarité et de transport de Sara et de son frère.

« Cela fait deux ans que mes enfants ne vont pas à l'école », explique Halima.
« Sara, qui a fini sa 5ème année (CM2), adorait étudier », continue sa mère.

Les frais de scolarité sont trop élevés pour la plupart des familles de réfugiés, qui ne peuvent pas couvrir les frais de transport, payer les livres ou d'autres fournitures. Toutefois, Sara a un rêve :

« Je veux devenir médecin. En Syrie, j'avais l'habitude d'aller voir ma cousine à son travail, elle était pharmacienne ».

Sa grand-mère espère que les choses s'amélioreront.

« Je veux être en Syrie, réunie avec tous mes enfants. J'espère aussi que ces gens auront pitié du mari de ma fille ».

Sara aussi espère que cette guerre prendra fin un jour.

*Les noms ont été changés.

CARE SOUTIENT LES POPULATIONS AFFECTÉES PAR LA GUERRE EN SYRIE

Au Liban, CARE fournit un soutien financier aux réfugiés syriens et travaille avec les municipalités pour améliorer les réseaux d'approvisionnement en eau et les installations sanitaires destinées aux réfugiés et aux communautés hôtes.