27 août 2015

Soudan du Sud : le nouvel accord de paix n'est que le début d'un long chemin

La signature de l'accord de paix par le président Salva Kiir Mayardit représente une étape positive vers la fin de la guerre civile qui fait rage depuis 20 mois au Soudan du Sud. Toutefois, les organisations humanitaires CARE, IRC, Oxfam et World Vision considèrent qu'il ne s'agit que du début d'un chemin long et difficile vers la paix et la réconciliation.

Les Sud-Soudanais doivent avoir leur mot à dire dans la définition de l'avenir de leur pays. Tout processus de réconciliation doit faire en sorte que tous les Sud-Soudanais aient voix au chapitre - les différents groupes ethniques, les partis politiques, la société civile, les groupes religieux, les jeunes et les femmes - et garantir que leurs besoins et leurs intérêts soient représentés.

Les acteurs diplomatiques nationaux et internationaux doivent veiller à la bonne application de l'accord de paix afin d'assurer la protection des civils, de garantir un accès sûr à l'aide humanitaire, et soutenir les programmes aidant les populations à améliorer leurs conditions de vie.

« Cet accord est une première étape importante pour mettre fin à la souffrance insupportable que subissent des millions de Sud-Soudanais, mais il reste encore beaucoup à faire pour assurer une stabilité et une paix durables. Parce que des millions de personnes souffrent de la faim et que tant d'autres ont besoin d'aide, il est essentiel que les parties au conflit respectent cet accord, cessent immédiatement les affrontements et permettent aux populations d'accéder à une aide vitale », explique Zlatko Gegic, directeur d'Oxfam au Soudan du Sud.

«  Oxfam demande aux dirigeants du Soudan du Sud de soutenir le processus de réconciliation entre les communautés et d'établir un chemin vers la paix en s'attaquant aux causes profondes du conflit. Il faut redoubler d'efforts pour reconstruire l'économie et fournir des services vitaux à tous, tels que l'accès à l'eau potable et à des soins de santé. Les Etats bailleurs doivent rapidement financer une aide d'urgence pour les 4,6 millions de Sud-Soudanais sous-alimentés et les millions d'autres qui ont besoin d'eau potable, d'abri et d'aide pour reconstruire leur vie. Actuellement, certaines parties du pays se préparent pour la saison de récolte : il est important que les bailleurs soutiennent les programmes agricoles et générateurs de revenus qui permettent d'améliorer les capacités des Sud-Soudanais à subvenir aux besoins de leur famille. »

« Cet accord est une bonne nouvelle mais les Sud-Soudanais ont besoin de plus que des mots. Ils ont besoin que leurs dirigeants s'engagent concrètement pour garantir une paix durable, la fin des violences et le début du processus de réconciliation », ajoute John Hoare, directeur de CARE au Soudan du Sud.

« Ce conflit a anéanti des vies et désorganisé les moyens de subsistance des Sud-Soudanais. Partout dans le pays, des familles ont été séparées, des maisons et des villages ont été détruits. CARE appelle toutes les parties au conflit à garantir que cet accord soit respecté, pour que le Soudan du Sud entame la longue et difficile tâche de la reconstruction. »

« C'est un premier pas pour rétablir la sécurité et le respect de la dignité des femmes, des hommes et des enfants qui vivent des violences atroces depuis bientôt deux ans. Un environnement pacifique permet à des organisations comme IRC de fournir sans contrainte une aide humanitaire à ceux qui en ont le plus besoin, ce qui s'est avéré particulièrement difficile ces 20 derniers mois », poursuit Ronald-Paul Veilleux, directeur pays d'IRC au Soudan du Sud.

« Avec cet accord, World Vision espère que les enfants du Soudan du Sud auront un plus bel avenir, car ils ont particulièrement souffert lors de ce conflit. Nous comptons les aider et aider leur famille et leur communauté à redemarrer leurs moyens de subsistance », conclut Perry Mansfield, directeur pour World Vision au Soudan du Sud.

Contacts médias

Nos équipes au Soudan du Sud (francophones et anglophones) sont disponibles pour apporter tout éclairage sur la situation.

Contactez Laury-Anne Bellessa, chargée des relations medias chez CARE France, 01 53 19 89 92, 06 24 61 85 37, bellessa@carefrance.org