19 octobre 2015

Le Conseil de Sécurité des Nations unies n'a pas d'autre choix que de relancer le processus de paix au Yémen

Dans une lettre ouverte envoyée aujourd'hui, CARE, Oxfam, le Conseil Norvégien pour les Réfugiés, Save the Children, Action contre la Faim et 6 autres ONG exhortent le Conseil de Sécurité des Nations unies à pousser les parties au conflit au Yémen à appliquer un cessez-le-feu immédiat et à mettre en œuvre le processus de paix. Les ONG appellent également à mettre au point un nouveau mécanisme de suivi pour enquêter sur les preuves croissantes de potentiels crimes de guerre et une extension de l'embargo sur les armes à toutes les parties violant les lois de la guerre au Yémen.

Cette lettre intervient après qu'Ansar Allah et le General People's Congress aient accepté dans une lettre la semaine dernière de mettre en application la Résolution 2216 du Conseil de Sécurité et le plan de paix d'Oman négocié par l'Envoyé Spécial des Nation unies pour le Yémen.

Au vu de la détérioration rapide de la situation humanitaire, des restrictions en cours sur les importations et de l'effondrement des services de base dans tout le pays, cette lettre appelle les membres du Conseil de Sécurité des Nations unies à pousser les belligérants à fournir immédiatement un passage sûr et non entravé à l'aide humanitaire, afin que celle-ci soit acheminée aux populations affectées. La lettre appelle également à lever le blocus de fait pour que les biens de première nécessité tels que le carburant, la nourriture et les médicaments puissent enfin entrer dans tout le pays.

Depuis mars dernier, les combats ont tué au moins 2 500 civils, dont plus de 500 enfants, et ont entraîné le déplacement de 2,3 millions de personnes à travers le pays.

« Six mois après l'adoption de la Résolution 2216 du Conseil de Sécurité des Nations unies, les efforts de paix au Yémen sont au point mort, alors que 21 millions de Yéménites font toujours les frais de ce conflit brutal » souligne Sajid Mohamed Sajjad, le directeur pays d'Oxfam au Yémen. « Les Nations unies doivent profiter des récents développements politiques pour négocier un cessez-le-feu, relancer les pourparlers de paix et mettre en place un organe international chargé du suivi et de l'évaluation des potentielles violations commises par chacune des parties » conclut Sajid Mohamed Sajjad.

La lettre appelle à mettre fin au blocus de fait et aux obstacles à l'accès aux biens humanitaires vitaux dans les zones de conflit. Seul 1% des besoins en carburant du Yémen est entré dans le pays en septembre, soit le niveau le plus bas depuis le mois d'avril. Des centaines de milliers de civils à Taiz, la troisième plus grande ville du Yémen, sont désespérément à court d'eau, de nourriture et de médicaments, alors que les groupes armés renforcent leur contrôle sur la ville et empêchent l'aide humanitaire d'y entrer.

Pour Gabriella Waaijman, directrice régionale en charge de la Corne de l'Afrique et du Yémen pour le Conseil Norvégien pour les Réfugiés, « la crise humanitaire au Yémen a atteint un niveau extrême et ce sont les civils qui continuent à en payer le prix. Il est urgent que toutes les parties au conflit permettent à l'aide humanitaire d'accéder aux populations dans le besoin, et que le Conseil de Sécurité oblige les belligérants à respecter le droit international. »

Edward Santiago, le directeur pays de Save the Children au Yémen, précise que « les enfants subissent le poids de la crise. Ce sont les victimes des frappes aériennes et des combats, et les maisons, les écoles et les hôpitaux dont ils dépendent sont à présent endommagés ou détruits. De nombreuses familles n'ont pas la nourriture, le carburant ou les médicaments dont ils ont désespérément besoin pour survivre, vu que l'aide humanitaire ne parvient tout simplement pas à entrer suffisamment dans le pays en raison du blocus de fait. Nous avons déjà constaté une augmentation de 150% des cas de malnutrition aiguë sévère entre mars et août. Sans une aide humanitaire immédiate, des milliers d'enfants supplémentaires pourraient mourir. »

Selon les Nations unies, au cours des six derniers mois, le nombre d'enfants ayant quitté l'école a plus que doublé, et une école sur quatre a fermé. La plupart des autres sont endommagées ou accueillent des personnes déplacées par les combats.

Lire la lettre

Lire la lettre adressée au Conseil de Sécurité des Nations unies